Un eldorado pour l'e-commerce
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Un eldorado pour l'e-commerce

Le marché espagnol de l'e-commerce a trois ans de retard sur son homologue français. Mais l'effet de rattrapage est fulgurant et ouvre de très belles opportunités.

«L'e-commerce espagnol a deux à trois ans de retard par rapport au marché français: les grandes marques textiles du pays comme Mango ou Zara n'ont ouvert leur site que l'an passé. Mais l'effet de rattrapage est très fort, et il y a de belles opportunités pour tous les acteurs de l'e-commerce, vendeurs en ligne comme prestataires marketing, techniques ou logistiques », estime Frédéric Lagacherie, qui vient de créer à Barcelone «Camp Base», un incubateur dédié à faciliter l'implantation des acteurs français du web en terre ibérique. Les chiffres appuient cette analyse: l'an passé, l'e-commerce espagnol a connu des hausses trimestrielles pouvant aller jusqu'à 35%, sur un marché global avoisinant les 9 Md€ de CA annuels. Il y a donc des places à prendre, et parfois plus facilement qu'en France. «Le marché est encore relativement vierge, ce qui offre de très bonnes opportunités de partenariats», estime Laurent Censier, fondateur du vendeur d'articles de puériculture Oclio.fr. Si les Espagnols se mettent donc au web marchand à vitesse grand V, ils découvrent pour beaucoup le concept même de vente à distance, ce qui nuit au coût d'acquisition et aux marges. «Le coût d'acquisition n'est pas plus faible qu'en France. Les Espagnols ont d'une part besoin d'être rassurés avant de passer à l'achat, ce qui nécessite de passer du temps à répondre aux questions par mail ou par téléphone. D'autre part, il n'existe pas aujourd'hui de grosses bases de données consommateurs, et il y a moins de gros acteurs pour lier de très gros partenariats d'audience», relativise Thierry Petit, fondateur de ShowRoomPrivé.com. La fenêtre de tir est belle, mais il s'agit de ne pas la rater. Il y a deux ans, 95% des produits vendus en ligne en Espagne étaient d'origine étrangère. Aujourd'hui, ce taux est proche des 50%. Et si le web permet de commercialiser ses produits aux Espagnols depuis la France, sans avoir besoin d'une implantation locale, il faut prendre en compte certaines spécificités administratives. Au-delà de 35.000 € de CA réalisé à l'année sur le marché espagnol, il est obligatoire d'obtenir un numéro de TVA de société non-résidente.

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