Jean-Paul Herteman
Président du directoire de Safran
Pour vous, c'est quoi être un bon ingénieur?
C'est quelqu'un qui n'a pas hésité à investir dans la compétence technique. Parfois, on veut devenir manager d'équipe immédiatement ou chef de projet. Or se former à la compétence de base permet de creuser profond et ainsi de créer ensuite des relations de confiance et d'efficacité avec les équipes. Un bon ingénieur doit savoir prendre des risques maîtrisés bien sûr. Mais ne pas en prendre, c'est avoir la certitude de perdre le contact avec les meilleurs mondiaux. Rappelons-nous que l'Inde, la Chine et le Brésil forment en proportion autant d'ingénieurs que nous. Mais en valeur absolue, leur nombre est considérablement plus élevé que le nôtre.
Quels sont les besoins en recrutements du groupe Safran?
En France, les recrutements tournent autour de 1.000 à 2.000 personnes par an, pour des renouvellements ou de nouvelles compétences. Actuellement, on est plus autour de 1.000 que 2.000 et surtout des ingénieurs. Safran, c'est 55.000 personnes dont plus de 35.000 en France et 20 à 25% d'ingénieurs ou docteurs ès Sciences.
Vous présidez l'année du Mexique en France. Safran y a inauguré deux sites. Quelles sont là-bas les opportunités?
Le Mexique est proche des États-Unis. Or Safran travaille autant pour Boeing qu'Airbus pour les moteurs ou les trains d'atterrissage. Sur 55.000 personnes, 10.000 sont situés en Amérique du Nord (Mexique, États-Unis, Canada). Au Mexique, il y a des débouchés non négligeables notamment pour le transport aérien et les activités de Safran en matière de sécurité (technologies multibiométriques d'identification, documents sécurisés, les systèmes de détection d'explosifs...).
- TROIS QUESTIONS À