C'est un résultat digne des plus belles heures soviétiques : 97,6 % des Niçois se sont prononcés contre la privatisation de l'aéroport de Nice lors du référendum local organisé le 19 février dernier. Un résultat sans surprise, à mesurer toutefois à l'aune de la participation, particulièrement étriquée, avec 36.192 votants (sur une base de plus de 217.000 électeurs). Mais finalement peu importe. Pour Christian Estrosi, « le peuple français s'est exprimé là où les députés ont été privés de paroles », référence directe à l'adoption à marche forcée de la fameuse loi Macron, dont l'article 49 porte sur la privatisation des sociétés aéroportuaires de Nice et de Lyon. Si le retrait pur et simple du texte semble illusoire, l'ouverture d'un dialogue visant à inclure les collectivités locales apparaît plus probable. À cet égard, la CCI Nice Côte d'Azur, propriétaire de 25 % des parts de la société aéroportuaire, avait pris les devants en appelant le gouvernement à inscrire dans le cahier des charges un certain nombre d'exigences pour protéger cet outil stratégique d'investisseurs privés, qui plus est étrangers, peu préoccupés du devenir économique du territoire. De même, un consortium de chefs d'entreprise, porté par l'UPE 06, a été créé pour candidater à l'appel d'offres, histoire de constituer une minorité de blocage au cas où. Bref, si Paris souhaite se désengager de l'aéroport, à Nice, on entend bien poursuivre l'idylle. @email
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