Les adhérents du centre-ville de Vannes de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) sont inquiets. Ils estiment que, paradoxalement, le pouvoir d'attraction de Vannes joue en leur défaveur. Raréfaction des places de parking gratuites, développement du pôle de restaurants Atlanville en périphérie, stagnation du projet de centre commercial Nouvelle Coutume, etc. Autant de griefs pour les 150 adhérents à l'Umih du centre-ville. D'autant plus que la crise continue de faire des ravages, grippant les porte-monnaies. «En général, on dit qu'une entreprise est sortie d'affaire au bout de trois ans», souligne Jean-François Sérazin, président de l'Umih. «Ce qui est inquiétant actuellement, c'est que des entreprises de cinq à six ans d'existence se retrouvent en difficulté.» Malgré la baisse de la TVA. «Un de nos adhérents se plaignait ce matin d'un recul de 37,5% de son chiffre d'affaires», poursuit Jean-François Sérazin. «La ville de Vannes a une bonne image, elle attire les investisseurs. Mais avec le remplacement des CDEC par les CDAC, les implantations de commerce sont devenues plus difficiles à contrôler. Or, aujourd'hui, en dehors de Monoprix, il n'y a plus de locomotive commerciale dans le centre-ville.» Olivier Savourel, président des hôtels à l'Umih, acquiesce: «Nous voulons une véritable politique d'enseigne pour le centre-ville.» D'autant plus que toute la cité administrative (CPAM, Urssaf) va migrer en périphérie de Vannes. Autant de pouvoir d'achat en moins pour les restaurateurs.
Évasion commerciale
Pour contrer cette évasion commerciale, il y aurait bien le pharaonique Nouvelle Coutume, qui prévoit 9.000m² de surfaces commerciales et 440 places de parking. «Ce projet aurait dû voir le jour il y a trois ans», rappelle Yves Challet, délégué à l'hôtellerie familiale à l'Umih. «En attendant, le centre-ville accueille une friche non exploitée, nous ne savons pas où en est l'investisseur. Nous préférons donc nous rabattre sur un projet de Palais des Congrès dynamique qui permettrait de développer le tourisme d'affaires, comme à Saint-Malo, par exemple.» Par rapport à Lorient, les restaurateurs de Vannes s'estiment lésés. «À Lorient, le centre-ville a été moins touché par le développement de la périphérie à Lanester. Les possibilités d'accès et de parking sont restées importantes. Et l'Espace Nayel a apporté beaucoup en attractivité.» De plus, il semble aujourd'hui plus facile de se garer à Lorient qu'à Vannes. «Le prix d'une place de parking vient s'ajouter à celui d'un déjeuner», poursuit Jean-François Sérazin. «Nous demandons à ce que les parkings, même privés, soient gratuits à Vannes le midi.»
Les restaurateurs du centre-ville de Vannes affiliés à l'Umih regrettent le manque de perspectives d'avenir pour leurs entreprises.