L'inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi: voici le souci actuel exprimé par les entreprises de la métallurgie. Un discours qui n'est pas nouveau. Les complaintes sur ce sujet sont réitérées pratiquement chaque année. Mais avec le début de reprise enregistré depuis la fin du second semestre, les industriels s'estiment légitimes à relayer leurs difficultés de recrutement, quand bien même en deux ans, la métallurgie a perdu 9,6% de ses emplois. «Mais aujourd'hui, certaines entreprises voient leurs carnets de commandes se remplirent, or elles sont amenées à en refuser car elles ne trouvent pas les compétences adéquates. C'est ubuesque compte tenu du taux de chômage actuel élevé», tonne Jean-François Pilliard.Le délégué général de l'UIMM l'assure: entre les étés2008 et2010, l'activité de la filière a diminué de 28% mais sur les six derniers mois, elle aurait progressé de 10 à 15%. Mais elle demeure contrastée selon les secteurs et les marchés. Avec les États généraux de l'industrie l'an passé, l'industrie est redevenue un sujet majeur sur la scène politique et économique nationale. L'UIMM tente de profiter de ce climat propice pour être entendu.
2.500 embauchesprogrammées dans la région
Ces besoins en main-d'oeuvre existent partout en France et notamment dans les Pays de la Loire, la troisième région industrielle, avec 104.866 salariés répartis dans 3.094 PMI. Selon une enquête du syndicat professionnel, 2.500 recrutements seraient prévus dans les Pays de la Loire au sein des entreprises de la filière. La Loire-Atlantique en recense 1.350, le Maine-et-Loire 578, la Vendée 483, la Sarthe 371 et la Mayenne 130. Airbus, Manitou, Terrena, Devilliers, entreprises de la menuiserie industrielle, les projets d'investissements se dévoilent. «Pourtant, on peine à attirer les jeunes qui préfèrent souvent se tourner vers des métiers plus administratifs. On souffre d'une image traditionnelle, de métiers difficiles. Or ceci a bien changé et on peut être mieux rémunéré dans l'industrie avec une vraie possibilité de faire carrière» déclare Joël Fradin, président de l'UIMM 49. L'économie mondialisée a fait basculer les frontières mais aussi les positions. La productivité devant chaque jour s'améliorer, les postes doivent être toujours plus qualifiés et spécialisés pour être compétitifs. Techniciens de maintenance en environnement et en mécanique, chaudronniers, tôliers, soudeurs sont quelques-uns des métiers à pourvoir. Pour les promouvoir, surtout auprès des plus jeunes, l'UIMM annonce un budget annuel de formation de 600M€. Une enveloppe exceptionnelle de 100M€ a été débloquée pour les TPE et PME. 35.000 jeunes ont été accueillis entre2009 et2010 par descontrats d'apprentissage ou de professionnalisation. «On a bon espoir d'aller plus loin. «Il y a des emplois disponibles en alternance. C'est le message que l'on veut passer», conclut Jean-François Pilliard.
Les entreprises de la métallurgie profitent de la reprise constatée pour tenter de séduire. Les projets de recrutement existent mais les compétences manquent.