La crise est-elle compatible avec le recrutement d'apprentis ? Oui, répondent en choeur François Aeck, directeur du Centre de formation des apprentis de l'industrie (CFAI) d'Alsace et Guy Borg, délégué général de l'UIMM, face aux interrogations des entreprises de la région. «La formation d'un apprenti prend au minimum deux ans», rappelle François Aeck, «nous devons donc préparer les salariés qui seront prêts dans deux, trois ou cinq ans». L'argument du chômage partiel ou du plan de licenciement ne tient donc pas la route face à une vision à long terme de l'activité d'après eux. «D'autant plus qu'en période de crise, on se rend compte que pour avoir une économie forte, il faut de l'industrie», insiste Guy Borg. Signe des temps, des incertitudes pèsent également sur la volonté des entreprises de garder les jeunes en fin de cycle de formation. Au début de l'été, environ 36% des jeunes en fin d'apprentissage restaient dans les sociétés qui les ont formés contre 40 à 45% l'an dernier. «Nous sommes un peu plus fébriles pour le mois de septembre», reconnaît Guy Borg. Mais le problème ne vient pas seulement de la crise ou de la réticence des entreprises : en juillet, il restait une cinquantaine de places d'apprentissage vacantes dans l'industrie alsacienne, sans candidatures de jeunes à mettre en face. L'UIMM et le CFAI réitèrent donc leur opération d'information en direction des collégiens et lycéens (500 sont attendus) aux Tanzmatten à Sélestat le 7 octobre prochain pour faire tomber les préjugés. Un travail de longue haleine.
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Avec son outil de formation, le CFAI, l'UIMM sensibilise les entreprises alsaciennes aux enjeux de maintenir le recrutement d'apprentis.