« L'idée n'est pas de se substituer au système bancaire, mais de conforter le dispositif financier des entreprises par un appui à leur solvabilité », résume Brunod Bergoend, à la tête de l'UIMM Midi-Pyrénées. Il fêtait récemment le 100ème dossier soutenu par UIMM Invest Midi Pyérénées et UIMM Adour-Pyrénées. Cette année, six dossiers sont en cours. Né à Toulouse en 2010, ce dispositif a ensuite essaimé partout en France. Pourquoi ce succès ? Laurent de Calbiac, le directeur régional de Bpifrance, partenaire du dispositif, explique l'efficacité de cette aide financière au développement : « Premièrement, les prêts octroyés peuvent financer des dépenses immatérielles (besoins en fonds de roulement, R&D, formations, mise aux normes, etc.). La durée du prêt de sept ans avec un différé de remboursement de deux ans est aussi attractif. Enfin, il est sans garantie, car adossé au fonds de garantie de l'UIMM ». Laurent de Calbiac met aussi en avant l'importance et l'efficacité de la croisée des analyses des financiers de la Bpi et des industriels de l'UIMM pour l'étude des dossiers. La preuve : sur les 101 dossiers soutenus, aucun n'ont eu de contentieux. Aucune erreur dans la sélection, grâce aussi à l'expertise d'Alexandre de Capele, expert financier de Silicium Conseil (à Toulouse) qui intervient sur ce programme.
600 000 euros pour la société Lacroix
Le dispositif national UIMM Invest veut aider au financement de ses adhérents dans le cadre de leurs projets de développement. Plafonné au départ à 200 000 €, il est aujourd'hui de 300 000 euros maximum (la moyenne est de 180 000 €). Le Prêt Participatif de Développement UIMM est systématiquement associé à un financement bancaire d'un montant au moins égal, d'une durée de 4 ans minimum et portant sur le même programme d'investissement. Alain Crouzil, à la tête de la société toulousaine Lacroix (71 salariés, 10,5 M€ de chiffre d'affaires) qui fabrique des portes coulissantes (exemples récents et emblématiques : les portes d'entrée du Ritz, du forum des Halles, et bientôt du Tribunal de Paris) a voulu réorganiser son outil de production pour grandir. Son projet d'investissement de 600 000 euros a été accepté par l'UIMM et il a obtenu 200.000 euros de Bpifrance. Ses banques, le Crédit Agricole et HSBC ont suivi avec 200.000 euros chacunes.
Temps record
Entre la présentation de son projet d'investissement et le débloquage des fonds, il n'aura fallu que trois mois. Il a obtenu son financement au printemps dernier : « Ce dispositif nous permet de faire face à notre développement. Notre objectif est d'arriver à produire 5 000 portes d'ici dix ans. Nous sommes aujourd'hui à près de 2 000 », explique le chef d'entreprise qui a apprécié la vitesse d'exécution de la procédure. Le directeur régional de Bpifrance reconnnaît que la validation des candidatures par le comité d'agrément créé par l'UIMM (composé de 11 industriels de la région) permet de simplifier le travail de ses équipes. Sans trop de surprise, on constate que près de 50% des dossiers acceptés sont issus du secteur aéronautique mais l'UIMM insiste sur le fait que son dispositif est ouvert à tous les secteurs.