L'Abea (Association bretonne des entreprises agroalimentaires) vient d'adhérer à l'interprofession locale du Medef, l'Udem (Union des entreprises du Morbihan). Lors d'un tour de table économique fin janvier, l'entente paraissait d'ailleurs cordiale entre le président Philippe Rouault et le vice-président de Vannes/Auray Vincent Prouvost, qui dirige également l'entreprise d'agroalimentaire Régalette à Saint-Nolff (groupe LDC). Pourtant, l'impact de la réforme de la taxe professionnelle, qui ponctionnera désormais la valeur ajoutée et non plus l'investissement, ne sera pas le même pour une entreprise industrielle ou de service. «Cela va diminuer de 10% nos prélèvements actuels», estime Vincent Prouvost.
«Suppression lexicale»
Et multiplier la charge «par dix pour les entreprises d'intérimet très fortement pour le service », selon Philippe Guillou, secrétaire général de l'Udem, pour qui la ?suppression? de la taxe professionnelle est une disparition purement «lexicale». «La taxe professionnelle devait rapporter 24Md€, au final, l'économie ne sera que d'1Md€ pour les entreprises car la taxe carbone et l'écotaxe vont venir amputer une bonne partie des économies réalisées», juge pour sa part Philippe Rouault. Les entreprises bretonnes vont pourtant avoir besoin de ressources puisqu'elles ont subi encore plus fortement qu'ailleurs les secousses de la récession. «L'augmentation du taux de faillite était de 19,6% en Bretagne contre 11% en France», remarque Philippe Rouault. «C'est étonnant car la Bretagne est plutôt bon élève d'habitude.» Dans le Morbihan, le tissu d'entreprises du Medef est plutôt constitué de PME. 70% des adhérents ont moins de 50 salariés, 35% moins de dix salariés. Des profils d'entreprises plus exposés aux cahots actuels de l'économie. Et qui ne profiteront pas tout de suite de la reprise impulsée par les grands groupes qui ne réalisent que 20% de leur chiffre d'affaires en France et s'appuient sur le rebond foudroyant de pays comme le Brésil ou la Chine. «Le redémarrage de l'économie sera assez lent mais solide», pronostique Philippe Rouault. «Il va falloir faire preuve de pédagogie pour expliquer que le chômage ne pourra pas baisser tout de suite, qu'il y aura un décalage de 12 à 18 mois.»
Montrer un visage uni face à l'adversité. Tel pouvait être le sens du tour de table économique organisé par l'Udem fin janvier.