Ubifrance : «Amener les PME vers les pays émergents»
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Ubifrance : «Amener les PME vers les pays émergents»

Directeur général d'Ubifrance depuis 2008, Christophe Lecourtier a été l'un des artisans de la réforme du dispositif public d'appui au commerce extérieur. Son objectif? Amener 10.000 nouvelles entreprises à l'export d'ici à fin 2011.



18 mois après le lancement officiel de l'Équipe de France de l'Export, pensez-vous avoir «transformé l'essai» ?

L'Équipe de France de l'Export est un concept fédérateur. Nous avons enregistré deux très belles réussites. D'abord, les chambres de commerce jouent pleinement leur rôle de guichet de proximité des entreprises. Ensuite, la relation avec Oseo. Jusqu'à présent, la main gauche en charge de l'innovation ignorait ce que faisait la main droite en charge des exportations. Avec cette convention de partenariat, nous sommes en train de coordonner l'action des deux bras, c'est-à-dire deux outils au service d'une politique publique qui vise à redonner de la compétitivité à nos entreprises.


Hormis les réseaux consulaires et Oseo, qui l'État a-t-il intégré dans le dispositif?

Dans un deuxième cercle, on trouve les Conseillers du commerce extérieur de la France, les Chambres de commerce à l'étranger, la Coface, Pacte PME International ou encore l'OSCI (Les Opérateurs spécialisés du commerce international, ndlr). La convention que nous avons signée en avril2008 (entre Ubifrance, la Direction Générale du Trésor et de la Politique Économique, l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie et l'Union des Chambres de Commerce et d'Industrie Françaises à l'Étranger, ndlr) nous a permis de découvrir ce qu'il était possible de faire ensemble. Nous travaillons maintenant à un accord de deuxième génération.


L'État vous a fixé des objectifs chiffrés pour la période 2008-2011. Où en est-on ?

Le principal objectif portait sur la détection de 10.000 nouveaux primo-exportateurs en trois ans. À mi-parcours, le travail des réseaux consulaires a permis d'en identifier environ 4.500. Pour ce qui est d'atteindre le seuil de 10.000 jeunes VIE (Volontariat International en Entreprise, ndlr) en poste à l'étranger en 2011, les résultats sont moins flatteurs (ils sont actuellement 6.500 en poste, ndlr). La crise économique a complexifié notre travail, les grands comptes ayant réduit leurs quotas de VIE. Nous pouvons néanmoins nous réjouir d'un plus grand nombre d'entreprises utilisatrices- plus de 1.500- et notamment de PME qui ne sont pas exclues de ce dispositif, bien au contraire. Quant au dernier objectif fixé, il était de 17.200 accompagnements annuels d'entreprises à l'étranger en 2010 et de 20.000 en 2011. Sur les dix premiers mois, Ubifrance en a réalisé plus de 16.200.


Comment articulez-vous cet objectif avec le Programme France Export, dont la version 2011 a été dévoilée par Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État au Commerce Extérieur, le 20octobre dernier?

Le Programme France Export, c'est l'agenda des opérations collectives dédiées à l'accompagnement des entreprises françaises sur les marchés étrangers. En 2011 comme en 2010, il a été défini en équipe, dans une logique de complémentarité entre ce que proposent Ubifrance et divers opérateurs tels que les CCI, les fédérations professionnelles ou les organismes de la filière agroalimentaire. Cet agenda commun permet aux entreprises d'anticiper leur participation à des opérations collectives dans le monde entier.


En matière d'international, à quel échelon les priorités doivent-elles selon vous être définies ?

Au niveau régional avant tout. De par leur compétence économique, les Régions ont toute légitimité à définir leurs priorités à l'international. Nous pouvons l'aider à passer à l'acte, c'est-à-dire donner à ses priorités une capacité de projection à l'international grâce à nos équipes, notre programmation et nos ressources financières (en 2010, l'État a doté Ubifrance d'un budget de 100M€, ndlr).


Le réseau Ubifrance vous paraît-il dimensionné pour assumer son rôle à l'étranger?

Ubifrance dispose aujourd'hui d'un réseau de 64 Missions économiques présentes dans 44 pays, représentant près de 90% du commerce extérieur de la France. Entre janvier2011 et janvier2012, ce réseau sera renforcé et nous couvrirons en propre une dizaine de pays supplémentaires. Dans ces nouvelles implantations figurent des «pays pari» tels que le Kazakhstan, l'Angola, la Colombie ou la Libye qui, sans représenter aujourd'hui un potentiel de marché considérable, deviendront sans doute un enjeu important à un horizon de cinq ou dix ans.

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