TVA sociale, temps de travail : Des patrons sans enthousiasme
# Conjoncture

TVA sociale, temps de travail : Des patrons sans enthousiasme

TVA sociale et accords compétitivité emploi: ces mesures phares censées doper la fin du quinquennat Sarkozy ne provoquent qu'un enthousiasme limité chez les dirigeants.

Qui trop embrasse mal étreint». En voulant satisfaire l'ensemble des entrepreneurs avec la TVA sociale, Nicolas Sarkozy ne convainc pas totalement les dirigeants de PME de la pertinence de ses dernières mesures économiques. L'enquête en ligne réalisée par TMO-Régions pour le Journal des entreprises auprès de 882 dirigeants de PME le montre bien: les patrons et cadres applaudissent à la baisse des cotisations patronales mais restent sceptiques sur l'impact de cette mesure sur leur propre entreprise. Un bon tiers de notre panel croit à un impact positif sur leur activité, un quart craint un effet négatif et les autres n'espèrent rien de cette fameuse TVA sociale. «Dans l'industrie, ils sont 56% à attendre un effet positif, note Jacques Bonneau, directeur associé de TMO Régions. Mais 40% des dirigeants du commerce craignent des conséquences négatives.» Sans séduire totalement les industriels, la TVA sociale fait peur aux secteurs d'activité non exposés à la concurrence internationale ou concernés en premier chef par une hausse des prix aux consommateurs.




Effet insuffisant

Dans l'esprit des dirigeants, la baisse des charges patronales, dont l'effet est maximum entre 1,6 et 2,1 smic, n'est probablement pas suffisante pour avoir un effet-levier notable sur leurs coûts de production. Pour 46% d'entre eux, c'est une baisse d'au moins 15% qui pourrait avoir un impact significatif sur la compétitivité de l'entreprise, alors qu'en moyenne, la suppression de la cotisation famille devrait représenter une baisse de 13% des charges patronales. «De la part des dirigeants, cette demande de forte baisse des charges est d'abord une opinion générale plutôt qu'un avis s'appuyant sur une vraie connaissance de l'impact des charges sur leurs coûts», tempère Jacques Bonneau. Qui sont les vrais gagnants de la TVA sociale? Si à cette question, le sentiment du monde de l'entreprise reste incertain, c'est probablement à cause du ciblage très large de la mesure: dans ses simulations, Bercy estime que seuls 3,3 des 13,2milliards de nouveaux allégements iront vers l'industrie, 2,2 vers le commerce et 1,9 vers les services aux personnes.




Une hausse des prix

Dubitatifs sur l'effet de la mesure sur leur activité, les dirigeants le sont moins sur la hausse des prix de leurs produits ou services: 71% pensent qu'ils augmenteront leurs tarifs suite à la hausse de la TVA (44% intégralement, 24% partiellement). «Il faut craindre un effet inflationniste», commente Jacques Bonneau. Selon les réponses de notre panel, la hausse des prix des produits et services concernés serait de l'ordre de 1%. La proposition de mise en oeuvre d'accords compétitivité-emploi provoque, elle, une adhésion plus nette. 63% des dirigeants y sont favorables. C'est dire si la problématique des 35heures reste forte dans les PME. Sur la durée légale du travail, un quart des interrogés plaident pour un retour à 40heures ou plus, un tiers pour les 39heures et un quart pour un maintien à 35heures. En remettant au centre du débat sa thématique du «travailler plus», Nicolas Sarkozy sait qu'il vise juste auprès des dirigeants de PME qu'il avait su séduire en 2007.


L'enquête complète sur www.tmoregions.fr

# Conjoncture