Révolution pour la chaîne de télévision locale rennaise. Adieu TV Rennes 35, place à TVR. Trois petites lettres pour une grosse ambition. Nouveau logo (réalisé par l'agence Rue 109 à Nantes), nouvelle identité visuelle, nouveau directeur général, nouveau site web, application iphone... La chaîne passe à une autre ère dans tous les domaines. ?Capitalistiquement? parlant compris.
120.000 € à trouver d'ici à juin
À ce jour, l'actionnariat se compose de quatre pôles: public (Ville de Rennes, Rennes Métropole, CG35), presse (Ouest-France et Le Télégramme), économique (CCI Rennes et Parc des Expos) et bancaire. Et c'est justement ce dernier pôle qui va bouger dans les mois futurs. Si le Crédit Mutuel conserve ses 4%, La Caisse d'Épargne Bretagne Pays de Loire (CEBPL) - qu'il n'a pas été possible de joindre dans les temps - souhaite en effet céder ses 12%. Une décision prise au niveau national si l'on en croit Dominique Hannedouche, successeur de Jean-Luc Nelle à la direction générale de TVR. «Avec le départ de Charles Milhaud (ex-président du directoire de la caisse parti à l'été 2009, ndlr), la Caisse d'Épargne a décidé de se retirer des chaînes locales.» Conséquence pour la télévision rennaise, de nouveaux actionnaires vont devoir faire leur entrée. Et vite. L'échéance a été fixée à juin prochain. Moyennant 10.000euros le point, ce sont donc 120.000 € que TVR devra trouver dans les deux mois. Si, au regard des comptes d'exploitation des chaînes locales, l'exercice ne paraît pas des plus simples, Dominique Hannedouche a toutefois bon espoir de convaincre de nouveaux partenaires. «L'idée est de créer un club d'entreprises partenaires.» De plus, si la CCI Rennes Bretagne est déjà présente, la toute nouvelle chambre régionale (CCIR) pourrait aussi mettre la main à la poche. «On discute avec eux», confie le dg. Le budget de TVR se monte aujourd'hui à 3,5M€: 2,5M€ de fonds publics et 1M€ d'argent privé. Une inflation par rapport à 2010 que Dominique Hannedouche explique par un contrat d'objectifs et de moyens de 500 K€ signé entre le conseil régional et les chaînes locales bretonnes (TVR, Tébéo et Ty Télé). Objectif: soutenir la production audiovisuelle indépendante et proposer des émissions communes aux trois chaînes.
Quinze journalistes
TVR emploie aujourd'hui trente salariés, dont quinze journalistes. Et son budget est deux à trois fois plus important que ses homologues bretonnes. La publicité, ô combien difficile à vendre sur ces chaînes, représente environ 100.000 € de revenus, soit 10% seulement des revenus issus du monde privé. Le média se rattrape toutefois en montant des partenariats et des programmes en co-production, indique Dominique Hannedouche. Côté audience, la dernière mesure, qui date de juin2010, annonçait 55.000 téléspectateurs quotidiens, pour un taux de notoriété de 85%. Une nouvelle étude déclarative, menée par l'institut rennais TMO, sera réalisée ces jours-ci.
Une mesure Mediamat pour bientôt?
Tout comme d'autres chaînes locales, TVR est également en discussion avec Médiamétrie pour mettre en place une étude Mediamat (boîtier placé chez le téléspectateur). Objectif: affiner les chiffres et surtout les comparer à d'autres chaînes. Car TVR, en étant présent sur la TNT, se situe bien dans un environnement hyperconcurrentiel.
«Être au niveau de TF1... avec nos moyens»
«On avait cette tendance à dire qu'on était une petite chaîne, confie Dominique Hannedouche. Mais avec la TNT, ce n'est plus le cas. On doit être au niveau de TF1, avec nos moyens.» D'où cette volonté aujourd'hui d'«adopter un ton plus moderne et décomplexé.»
TVR
(Rennes)
Directeur général: Dominique Hannedouche 30 salariés Budget 2011: 3,5M€ 02 99 30 58 58 www.tv-rennes.com