Quand elle lance en 2004 ses premières gammes de portails design aux lignes futuristes et colorées, osant sortir du sacro-saint classicisme et détourner certains matériaux de leur usage habituel - à l'instar du vitrail- Tschoeppé passe pour «une société d'illuminés». Pourtant, l'entreprise familiale basée à Hoerdt, fabricant de portails aluminium, clôtures et garde-corps, fait aujourd'hui de l'ombre aux deux leaders français de la fermeture, «qui se sont à leur tour lancés dans ce créneau design» sourit le jeune directeur général de l'entreprise, Philippe Tschoeppé.
Capacité à rebondir
Le groupe d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec la petite menuiserie créée en 1956 à Niederroedern par Henri Tschoeppé, le grand-père de Philippe. Depuis 1992, la société a été scindée en deux entités: Tschoeppé Industrie à Hoerdt pour la partie production et Fermetures Tschoeppé à Niederroedern, pour gérer l'installation des portails sur le Bas-Rhin, la partie logistique du groupe «et le laquage des portails de très grande dimension» ajoute Philippe Tschoeppé. Dans la famille Tschoeppé, on marche au défi, «on sait surtout rebondir pour surmonter les difficultés du marché» soutient l'actuel dirigeant. Ainsi, son grand-père avait, dès les années 60, décidé d'industrialiser sa production de meubles. Un pari technologique également relevé par son père, Jean-Jacques. À son arrivée à la tête de l'entreprise, en 1985, «il a d'emblée investi dans une machine à commandes numériques dont le montant représentait alors le chiffre d'affaires de l'entreprise», se souvient Philippe Tschoeppé.
Saut technologique
Celui-ci, à son tour, a pris un choix financièrement risqué en 2005 en déménageant le site de fabrication de Niederroedern à Hoerdt, sans stopper ne serait-ce qu'une journée la production. «Nous avons investi près de 4,5M€ pour ce nouveau site, rachetant l'intégralité de l'outil industriel. Un nouveau saut technologique qui a permis d'augmenter les cadences de production sans perdre cette souplesse qui nous autorise encore aujourd'hui à proposer de larges gammes de produits et à apporter une solution personnalisée aux clients qui le souhaitent». L'objectif était de tripler le chiffre d'affaires d'ici à 2008 pour rentabiliser l'investissement. Challenge relevé haut la main malgré la crise, «puisque nous avons, en 2009, franchi le seuil de rentabilité et renoué avec les profits», indique fièrement Philippe Tschoeppé. «La situation de l'entreprise est saine et nous payons comptant tous nos fournisseurs», ajoute-t-il.
Intégrer et structurer
Positionnée haut de gamme, la société a choisi d'intégrer tous les métiers en interne, «pour accompagner finement nos clients -des particuliers exclusivement- à toutes les étapes de leur projet. Nous ne sous-traitons quasiment rien, explique Philippe Tschoeppé. Nous travaillons beaucoup avec des consultants externes sur la base de transferts de compétences». La société développe en interne tous ses outils informatiques, gère sa maintenance machines. Ses commerciaux sont salariés. Elle a aussi récemment renforcé ses compétences marketing. Après avoir «posé la clientèle» et «structuré l'équipe dirigeante», le chef d'entreprise va s'atteler à «redonner du cash» à l'entreprise pour préparer la phase suivante. Porté par la montée en puissance de son réseau de distributeurs agréés (voir interview) qui écoule aujourd'hui 65% des 4.500 portails fabriqués annuellement sur le site, Philippe Tschoeppé ambitionne de «doubler chiffre d'affaires et effectif dans les cinq années à venir». Pour y parvenir, l'entreprise envisage d'investir «4 à 5M€» pour doubler sa surface de production en 2013, soit une extension de 4.500m².
Le portail aluminium design, c'est le sésame de Tschoeppé Industrie, à Hoerdt. L'activité de la société familiale connaît actuellement un nouveau coup d'accélérateur grâce à la mise en place d'un réseau de distributeurs triés sur le volet.
Adelise Foucault