Du point de vue du banquier, une entreprise, c'est quoi: un homme, un bilan, un marché?
L'homme, ou plutôt les hommes, jouent évidemment un rôle essentiel: la capacité de l'équipe dirigeante à diriger l'entreprise, à anticiper les évolutions de son marché, à dégager des profitsrécurrents est fondamentale quel que soit le secteur d'activité.
Parmi l'ensemble des données prises en compte, quels sont les critères «objectifs» primordiaux dans la décision du banquier?
Le banquier regarde avant tout la capacité de l'entreprise à rembourser les crédits qu'il va mettre à sa disposition! La capacité à dégager des profits récurrents, à faire face aux évolutions prévisibles du marché, et donc la compétence du dirigeant sont les principales composantes de cette analyse.
Il existe une différence entre les taux Euribor et ceux proposés à la clientèle. Comment est précisément constitué le taux «client» et quelle est la marge de négociation?
Le taux client intègre trois composantes: le coût de refinancement de la Banque, c'est-à-dire le prix auquel la banque va elle-même lever les fonds nécessaires à ce financement; le coût du risque, c'est-à-dire le coût moyen sur longue période que représente le risque pris des crédits et des entreprises comparables, et enfin la marge de la Banque proprement dite. En France, les crédits aux PME sont aujourd'hui consentis à des marges très faibles (*). Cette situation risque toutefois d'évoluer fortement en fonction des contraintes qui seront retenues dans le cadre des négociations de Bâle 3.
(*) le taux moyen pratiqué sur les nouveaux crédits aux entreprises en septembre est de 3.01% en France. L'Allemagne et l'Italie se situent respectivement à 3.55% et à 3.18%, la moyenne européenne est à 3.38% (source Banque de France/BCE)