Si c'est bien Antoine Grumbach, l'architecte initiateur du projet Seine Métropole (lire pages2 et3), qui fut la véritable attraction de l'assemblée générale de la Fédération Régionale Normandie des Travaux Publics, les débats qui ont précédé son intervention auront permis aux élus présents d'afficher leur volonté de maintenir en 2009 le niveau de leurs investissements, en dépit de la crise. Si Denis Merville, président de l'association des maires de Seine-Maritime a pu rappeler que «l'investissement est créateur d'emploi», le président de la région Haute-Normandie Alain Le Vern a préféré insister sur «le climat anxiogène» dans lequel évoluent selon lui bon nombre de collectivités territoriales, pour expliquer la prudence dont elles peuvent faire preuve dans leurs investissements. Évoquant, sur fonds de réforme annoncée de l'organisation territoriale, «l'incertitude qui pèse sur l'avenir même de certaines collectivités, régions ou départements en tête», il a demandé devant le préfet de région Rémi Caron «que le gouvernement dise très vite comment et quand il va faire ses réformes pour que nous puissions travailler sereinement!» Une situation qui selon lui pèserait d'ores et déjà sur l'établissement des budgets 2010 de ces mêmes collectivités. À peine rassuré par les propos de Yann Cougard, directeur régional de Dexia, qui affirmait plus tôt que «les financements sont là!», évoquant une enveloppe de 120M€, le président de région a rappelé «la nécessité d'instaurer un climat de vérité pour restaurer la confiance» entre les banques et les collectivités.
Rouen investit 50M€ en 2009
Représentant la ville de Rouen, l'adjointe aux finances Emmanuelle Jeandet-Mengual, a expliqué que la ville «avait fait le choix de maintenir un fort niveau d'investissement», de l'ordre de 50M€ au titre de 2009, citant l'aménagement des quais bas et la requalification de certains espaces piétonniers; «un effort considérable pour une ville largement endettée!» Venu défendre le mécanisme du FCTVA, le préfet Rémi Caron s'est vu objecté par ces mêmes élus qu'il ne s'agissait en fait que du remboursement, certes anticipé, d'une dette de l'État. Pour la ville de Rouen, l'accord passé porte sur 4M€; pour la région, Alain Le Vern annonce le chiffre de 14M€.
G.D.
Prudents sur la conjoncture, les élus présents lors de l'Assemblée générale de la FRTP se sont défendus d'avoir coupé le robinet des investissements.