Transports : Les entreprises font le dos rond
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Transports : Les entreprises font le dos rond

Les transporteurs bretons ont durement subi la crise économique en 2009. En Bretagne ils ont été contraints de supprimer plusieurs centaines de postes.

Selon René Le Grand, président de la FNTR Bretagne (Fédération nationale des transporteurs routiers), l'année 2009 avait pourtant bien démarré, avec une nette accalmie des cours du carburant (34$ le baril). «Mais aujourd'hui le baril est remonté à 80$. Les transporteurs routiers ont énormément souffert de la crise économique. Durant le premier semestre, la Direction régionale de l'Équipement a enregistré 24 défaillances d'entreprises du transport en Bretagne. Le recours à l'intérim et aux CDD a été gelé, et plusieurs centaines d'emplois - presque 2.000 - ont été supprimés en Bretagne sur les 40.000 salariés que compte le secteur du transport», constate-t-il.




Jusqu'à - 20 % d'activité

Face à cette crise, les transporteurs font le dos rond. «Ils subissent pourtant de plein fouet la crise dans les BTP et l'automobile. Heureusement que l'agro ne se porte pas trop mal», souligne tout de même René Le Grand. Mais depuis octobre, l'activité s'effondre à nouveau : - 15 à -20% par rapport à 2008. A cela s'ajoute une concurrence plus sévère, des tensions sur les prix. «Le coût du transport a baissé de 10 à 15%. Forcément: là où auparavant, il y avait 10 camions, il y en a maintenant 30 à 40 de disponibles...», note le président de FNTR Bretagne.




Les craintes de 2010

Les investissements, quant à eux, sont réduits au minimum. Et les ventes de poids lourds ont chuté de 60% cette année. Pour 2010, René Le Grand confie avoir plusieurs craintes. La première concerne les banques. «J'ai peur qu'elles coupent les robinets de crédits des entreprises qui auront un mauvais bilan 2009», avance-t-il. Autre inquiétude : les charges. «Les transporteurs vont devoir payer, à compter du 1er janvier, au titre de la taxe carbone, 0,0452€ HT par litre de carburant consommé, et 0,10 € au titre de la taxe raffinage et économie d'énergie... Aux dernières nouvelles, le transporteur routier récupérerait ensuite 35% de la taxe carbone auprès de l'État. Mais pourquoi pas 75% comme les agriculteurs et les pêcheurs?», questionne-t-il. René Le Grand craint également que la campagne de la SNCF, pour transporter des camions sur les trains, soit dommageable à la profession. «L'État y a investi 7M€, alors même que la SNCF n'est pour le moment pas en mesure de fournir des appareils fiables pour les camions», note-t-il. «En Bretagne, il n'y a pas encore de solution alternative à la route!» Il considère également que l'enterrement du projet 44 tonnes est du gâchis. «Cela aurait permis de mettre deux semi-remorques sur les routes au lieu de trois», complète-t-il.

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