Transports : Des pistes pour décongestionner la région

Transports : Des pistes pour décongestionner la région

Lille, à la 19eplace des villes les plus congestionnées de France, figure en plein milieu du classement établi par le leader du GPS TomTom rendu public fin 2010. Même si la palme revient à Nantes, avec plus de 42% des axes de la ville considérés comme embouteillés (Paris est 13e), la métropole lilloise est souvent le cauchemar des automobilistes. Il suffit d'emprunter l'A1 Lille-Paris chaque matin.




Le RER Lille-Lens fait débat Premier à lancer l'idée d'un RER cadencé entre la métropole lilloise et le bassin minier, reliant Lille aux portes de Lens en 17minutes, le visionnaire Bruno Bonduelle semble avoir été entendu. Le président de Région Daniel Percheron vient en effet de poser ce dossier sous le nez de ses élus. Pas de vote, mais un débat de principe très instructif a eu lieu au conseil régional le 26novembre. «Ce RER n'est pas une solution magique mais complémentaire», prévient Alain Wacheux, vice-président délégué aux transports. Une question de survie du bassin minier selon Daniel Percheron: «Le moment est venu de parler au futur. La mobilité est au coeur de la survie du bassin minier. Vous connaissez beaucoup de Région qui dialogue avec sa métropole?», interroge-t-il.

1milliard d'euros à trouver

Le coût du futur RER, qui pourrait d'ailleurs être fabriqué dans la région, est estimé à près d'un milliard d'euros; 730M€ hors passage souterrain à l'aéroport de Lesquin et hors prolongement au nord-ouest vers Dunkerque. Ce dossier ne fait pas l'unanimité. Pour certains, il faut conforter l'existant. Les écologistes, qui ont enterré le projet d'A24 ou «A1bis», aimeraient se servir des voies actuelles pour augmenter la cadence. Ce que la SNCF et RFF peinent à imaginer vu les sillons déjà très chargés. D'autres élus avancent des dossiers plus prioritaires, comme le contournement sud-est de Lille ou la troisième gare TGV lilloise à Lesquin ou Seclin. Daniel Percheron, pionnier en matière de TER-GV, monte au créneau, prêt à acheter du matériel ferroviaire: «Nous ne pouvons pas être la capitale du Transmanche et regarder passer les trains internationaux. Eurostar a refusé 1M€ par an, pour l'arrêt à Calais. Il faut rester une plaque tournante. Chaque fois qu'un train européen disparaît, la région s'affaiblit.» Jacques Goolen, directeur régional de la SCNF lui emboîte le pas: «Nous sommes prêts à regarder avec vous la création d'une compagnie eurorégionale de TGV.» Un sujet «en réflexion». D'autres voix préfèrent poser le débat en terme sociétal. «LMCU n'est pas hostile au développement d'infrastructures, mais on doit se poser la question de l'inexorabilité des déplacements. Nous avons construit nos sociétés sur l'abondance d'énergie, c'est une fuite en avant», constate Marc Santré, adjoint à Lille.

Réaliser un diagnostic
Même le CE des cheminots met son grain de sel. «Nous voulons être force de proposition», lance David Gobé, président de la commission économique du CE Nord - Pas-de-Calais. Tout le monde a un avis sur la question sans véritable réflexion de fond. C'est pourquoi nous avons décidé d'établir un diagnostic régional sur l'état des transports en collaboration avec l'Inrets et le cabinet Secafi.» Le CE a aussi organisé un colloque régional sur l'alternative à la route le 2décembre et prépare un livre blanc rassemblant une cinquantaine de points de vue dont Bruno Bonduelle, favorable à la métropolisation du bassin minier. Chacun a un avis sur le sujet et «le débat ne fait que commencer et sera passionnant», promet Daniel Percheron.

Géry Bertrande