Vendée
Transmission : La Vendée veut défendre son modèle
Vendée # Réseaux d'accompagnement

Transmission : La Vendée veut défendre son modèle

À l'heure où beaucoup d'entreprises de deuxième génération s'apprêtent à passer le flambeau, la question de la pérennité du modèle vendéen se pose.

D'après une étude KPMG moins de 10% des entreprises de plus de dix salariés sont transmises dans le cadre d'une continuité familiale. Un résultat médiocre comparé à d'autres pays européens comme l'Italie (72%), l'Allemagne (55%) ou encore les Pays-Bas (58%). Un constat qui contraste aussi avec le modèle économique mis en avant en Vendée. Assurer la pérennité de l'entreprise, ne pas perdre les centres de décisions, avoir une stratégie à long terme, garder l'activité et l'emploi sur le territoire, conserver des valeurs humaines, les entrepreneurs du cru mettent en avant les atouts des entreprises familiales. D'après certaines études, ce maigre taux de transmission familiale au sein des PME expliquerait également le faible nombre d'ETI en France comparé à l'Allemagne avec des conséquences sur la compétitivité nationale. À l'heure où beaucoup de grandes PME arrivent à la deuxième ou à la troisième génération, des dirigeants vendéens ont donc décidé d'échanger avec leurs pairs sur le sujet sans plus attendre pour évoquer notamment les difficultés de la transmission. «Dans notre métier, on est souvent pris dans l'opérationnel, sans avoir le temps de prendre du recul, témoigne Marie-Claude Lucas, ancienne P-dg de Lucas G.J'ai cédé l'entreprise à d'autres familles de la région au moment de mon départ, car une reprise de la direction était impossible au sein de la famille. Si j'avais pu réfléchir à la transmission bien avant de lâcher les rênes, j'aurais pu envisager d'autres solutions. Il faut attirer l'attention sur la préparation nécessaire au passage de relais: au moins 20 ans à l'avance!»




Conserver un actionnariat familial

Face à ces difficultés, des solutions existent. Comme celle de Jacques Audureau qui, à 65 ans est toujours à la tête du holding Sofiau (qui regroupe notamment Vensys et Serta) mais aujourd'hui en retrait des manettes: «Il y a dixans, j'ai introduit un président et un directeur général pour s'occuper de l'opérationnel, raconte l'industriel. Mais le capital reste familial à 75%». Un procédé qui n'empêche pas à terme un descendant de reprendre les commandes. Pour alimenter le débat, le Centre d'échanges et de réflexion pour l'avenir (CERA), a décidé d'organiser un colloque autour du thème «Actionnariat familial: pourquoi et comment le transmettre à sa famille», le 18juin prochain à la CCI de Vendée. Y témoigneront des dirigeants d'entreprises emblématiques ayant passé la main dont font partie Jacques Audureau et Marie-Claude Lucas, mais aussi Yves Gonnord (Fleury Michon), ou Daniel Robin (VM Matériaux). Le CERA s'appuiera sur les résultats d'un questionnaire Internet complété par une centaine de dirigeants locaux. Celuui-ci indique que pour 81% d'entre eux que la principale difficulté consiste à «trouver un membre de la famille qui ait la volonté et la compétence de diriger l'entreprise». «Par des témoignages, le but est de montrer qu'il existe une transmission possible en dehors de la transmission de la direction du management», souligne Jean-Michel Mousset, son président.
Actionnariat familial: pourquoi et comment le transmettre à sa famille, le 18juin à 16h à la CCI de Vendée. Prochain rendez-vous du CERA le 26/10 à Pouzauges avec Jacques Attali. www.le-cera.com: 02 51 66 59 00.

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