Les centrales photovoltaïques fleurissent sur les toits azuréens. Flairant le bon filon, de plus en plus d'entreprises se créent, s'implantent ou se convertissent dans ce secteur, et même Tournaire SA s'y met.
CA en baisse de 18%
Le géant azuréen de l'emballage et de l'équipement revendique sa place au soleil. L'entreprise grassoise lancera, en juin, une nouvelle filiale avec un partenaire espagnol pour développer son activité d'assemblage de panneaux en silicium dans le département. Objectif: développer un nouveau marché pour booster la croissance. Un coup de fouet nécessaire pour l'entreprise fondée par Joseph Tournaire en 1833. «2009 efface trois années de croissance», regrette Luc Tournaire, président du directoire. En effet, le chiffre d'affaires (CA) de la société est dégringolé de 46M€ en 2008 à 38,5M€ en 2009. Une chute due à l'arrêt «brutal» de la demande en biens d'équipement et au ralentissement de l'activité emballages, les deux secteurs historiques de l'entreprise.
L'emploi sauvé par la formation
L'entreprise centenaire a sauvé les emplois de ses 225 salariés malgré la baisse d'activité. C'est ce qui lui a valu son Trophée de la Formation Continue, décerné à l'occasion de la onzième édition du salon Forma-Pro, en mars dernier. Car c'est bien l'apprentissage qui a sauvé les salariés de l'industriel, dont près de 200 sont affectés à des postes de production ou maintenance. Conçu en 2008, le plan de formation mis en place en 2009 répondait à l'origine à un problème de qualification et de transmission des connaissances. «Nous avons réorganisé l'usine en lignes de production il y a une quinzaine d'années pour augmenter la productivité, explique le quinquagénaire. À mi-parcours nous nous sommes aperçus que nous avions besoin de salariés plus polyvalents, nous avons donc créé une école interne.» Avec l'aide de l'Association pour la formation professionnelle de l'industrie (Afpi) Provence, Tournaire a mis son plan de formation en place. Budget: 157k€ en 2008, 307k€ en 2009 et 280k€ pour 2010. «En 2009, la baisse de l'activité a permis de libérer du temps à certains pour écrire les formations, et à d'autre pour les suivre», résume le président de L'Union des industries et des métiers de la métallurgie 06 (UIMM 06).
Entre solaire et nucléaire
La baisse d'activité a aussi libéré du temps du côté de la direction. «Nous avons profité de cette période de grand calme pour réfléchir à de nouvelles pistes de développement», positive le représentant de la sixième génération Tournaire aux commandes. Historiquement, la diversification est la clé de la pérennité de la société. À l'origine spécialisée dans la chaudronnerie, l'entreprise a grandi grâce au développement de l'activité emballages. Si les deux secteurs étaient à 50-50 en 1973, aujourd'hui l'emballage représente 80% du CA. Les dirigeants cherchent aujourd'hui «un deuxième pied» sur lequel s'appuyer pour compenser la maigre part de l'équipement. Ils l'ont trouvé dans le secteur florissant des énergies vertes. Plus qu'un pied, la filiale d'assemblage de panneaux photovoltaïques pourrait être une jambe solide, puisque son CA devrait dépasser celui de Tournaire d'ici à 3 ans. Mais l'entreprise, qui réalise 65% de ses ventes à l'export, ne met pas tout son poids sur cet appui. Elle s'est également faite qualifier EDF en janvier dernier dans le but de mettre son savoir-faire dans le domaine de la chaudronnerie au service du renouvellement des centrales nucléaires existantes.
Le CA de Tournaire SA, spécialisée dans les emballages et la chaudronnerie, a chuté de 18% entre2008 et2009. Une crise gérée sans licenciements grâce à la formation, et qui encourage l'entreprise à prendre un nouveau virage: celui du photovoltaïque.
Lucie Lautrédou