« Communiquer sur les réseaux sociaux lorsque l'on est un professionnel du tourisme, c'est avoir une visibilité complémentaire par rapport à son site internet », lance Mathieu Bruc, spécialiste de l'e-tourisme, auteur et animateur numérique au CRDT d'Auvergne. Face à lui, 70 hôteliers, et restaurateurs sont venus se former au tourisme on line dans les locaux de la CCI du Morbihan.
Le tourisme : un poids lourd de l'économie morbihannaise
Pour ces professionnels, le numérique, les réseaux sociaux, les applications et l'ubérisation de l'économie voire des offres gagnent de la place dans le paysage, dans le Morbihan comme ailleurs. « Nous sommes le quatrième ou cinquième département touristique de France. Nous devons conserver et faire mieux que cette place. Pour cela, il faut concilier l'essor du numérique dans nos métiers tout en remettant l'humain au centre de la relation clients », livre Jean-François Sérazin, vice-président de la CCIM. Pour ces acteurs du tourisme, l'essor du numérique peut être déconcertant. « Nous avons besoin d'être accompagnés car ce n'est pas notre métier principal. Et pourtant cette approche est aujourd'hui incontournable », note pour sa part Bruno Kerdal, président de l'UMIH et dirigeant de Brit Hôtel et de Fleur de Sel à Theix (15 collaborateurs à l'année).
« Pas des dinosaures »
À ses côtés, Eric Bermond, propriétaire de l'hôtel du parc Er Gréo à Arradon qui emploie trois personnes à l'année et cinq en saison. « Nous avons un site et un compte Facebook sur lequel notre fréquence de publication est aujourd'hui insuffisante. J'observe avec intérêt l'émergence de ce réseau social comme d'autres. Il faut y être mais bien penser ses messages, sa tonalité... Les hôteliers professionnels ne sont ni des dinosaures ni des ringards. » Sur la question du contenu et de la méthode, Mathieu Bruc leur a délivré quelques astuces : « Les réseaux sociaux peuvent être un moyen d'animer une communauté de clients en les impliquant, en leur posant des questions, leur soumettant des suggestions. » Et s'il ne devait n'y avoir qu'un réseau social, ce blogueur pointerait « Facebook, l'incontournable » et dans ce dédale de médias sociaux, il parie aussi sur « Snapchat, le réseau montant, déjà plébiscité par les plus jeunes. »
Ubérisation et chasse en meute
À l'occasion de cette journée, le débat s'est aussi élargi et passionné. La raison : l'ubérisation qui gagne également le secteur touristique via notamment Airbnb. « L'activité touristique, c'est 10 % du PIB du département. Il en va du devenir de notre économie et de beaucoup d'emplois si rien ne change », tonne Jean-François Sérazin. Promulguant la chasse en meute, il prône plus d'équité et de transparence.
Ségolène Mahias
Tourisme Le web est souvent la porte d'entrée avant la réservation d'un séjour. Plus de 70 professionnels du secteur ont choisi de découvrir les coulisses off line.