Toulouse : Danielle Poujol, "la Pygmalion des PME"

Toulouse : Danielle Poujol, "la Pygmalion des PME"

A 51 ans, Danielle Poujol, déléguée au développement ETI/PME au sein d'Aerospace Valley et directrice de BSI, a accompagné plus de 50 PME en ingénierie financière. Portrait de celle qui est devenue la meilleure amie des patrons du Sud-Ouest.

« Il y a une seule et unique raison pour laquelle je suis satisfait du Parcours Finance (d'Aerospace Valley, ndlr) : cette raison s'appelle Danielle Poujol. » Ce cri du coeur vient d'un patron d'une PME toulousaine, qui a fait appel à l'expertise de Danielle Poujol. A 51 ans, cette Narbonnaise d'origine, fille de rugbyman amateur, est devenue la meilleure amie (« la psy », disent même certains) des dirigeants d'entreprises du Sud-Ouest (et au-delà). Après 14 ans chez Toyata à Paris où elle était en charge de la direction financière d'un département et, les trois dernières années, de la direction générale par intérim de ce même département, Danielle Poujol était revenue à Toulouse créer sa propre société de conseil en 2002 et empocher un master finance et management à l'IFG. C'est un client qui lui parle en 2012 d'un poste de conseil en ingénierie financière qui s'est ouvert au sein d'Aerospace Valley, poste qu'elle remporte grâce au fort soutien de patrons de PME présents dans le conseil d'administration du pôle.

Oreille attentive et bras stratégique des patrons
« J'ai proposé une action collective, Parcours Finance, puis j'ai créé un collège Structures financières rassemblant des banques, de fonds régionaux et internationaux », raconte Danielle Poujol. Le succès est inattendu : en 24 mois, elle réalise un diagnostic chez 201 PME, et accompagne 48 d'entre elles, qui constituent les cas les plus urgents. » Résultats : 19 M€ récoltés en fonds propres (par augmentations de capital) et 5,2 M€ empruntés pour ces 48 PME. En proposant son accompagnement, notamment sur la stratégie opérationnelle court terme de l'entreprise, qui manque souvent - selon elle - aux dirigeants, elle trouve un écho formidable auprès de ces derniers, heureux de rompre la fameuse solitude du patron. Et sauve, au passage, plus d'une quinzaine de PME en passe de déposer le bilan.

Alors, lorsqu'elle décide l'été dernier de créer la société BSI, chargée d'accompagner les PME dans la mise sur le marché de leurs produits ou services, ils sont nombreux à investir au capital. Devenue directrice de BSI, celle qu'un patron reconnaissant a un jour qualifiée de « Pygmalion des PME » déclare « ne pas avoir le droit de quitter Aerospace Valley, car il y a trop de PME à aider ». Une aspiration ? « J'attends la réussite de BSI. BPIFrance, qui nous a donné une subvention de 1,157 M€, m'a demandé de transmettre ce modèle aux autres pôles en cas de succès. Si cela marche, j'aurais fait mon boulot. »