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Tikaway lance ses lunettes à caméra connectée
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Tikaway lance ses lunettes à caméra connectée

Le 9 juin, la start-up lyonnaise reçoit sa première série de 1000 paires. Les deux-tiers sont déjà pré-vendues.

Depuis le premier étage qui fait face à la Saône, dans le CPME'Hall, cet incubateur porté par le syndicat patronal idoine, la start-up Tikaway vient de franchir une étape clé. Le vendredi 9 juin, elle a reçu sa première série de 1000 paires de lunettes à caméra connectées. Le fruit de plus de 30 mois de travail. « Nous avons perdu quatre mois, car la présérie qui nous a été livrée présentait des caméras défectueuses. Or nous voulions le produit parfait » rapport Carole Bollard, cofondatrice avec Brice Agnès de cette jeune pousse. « Nous avons dû faire le chemin à l'envers, trouver un fournisseur chinois capable de nous procurer des petites sériés de caméras s'adaptant à notre microprocesseur. Nous voulions que ce sous-traitant soit fiable et qu'il puisse produire jusqu'à 6.000 pièces en une semaine, précise la jeune-femme ». Sourcing, tests, "due dilligence"... après un hiver de recherche, la perle rare a été trouvée à Shenzhen.

BHV Marais

Et il était temps. Car ces lunettes qui débarqueront vendredi sur les bords de Saône ont déjà été pré-vendues au deux-tiers dans des salons ou pré-commandées sur le site de la start-up. En plus, deux grandes enseignes, Fnac et Boulanger doivent les distribuer via leur sites et dans un ou deux magasins de Paris et Lyon. Sans oublier le BHV Marais et le centre commercial de la Défense à Paris, les Quatre Temps, intéressés également. Reste à maintenir la demande et les flux des clients, des parents de jeunes enfants, des voyageurs, des blogueurs, des cuisiniers souhaitant se filmer. La bonne surprise pour le duo de Tikaway ? « Nous avons été rattrapés par des besoins plus professionnels » décrit Carole Bollard, rassurée par une demande spontanée venue du monde de l'industrie qui cherche à vendre du service. En témoigne ce partenariat signé entre Tikaway et le géant mondial de l'IT, CGI. Celui-ci a développé pour ses clients un système baptisé Maeva, lequel permet de travailler à distance et de partager des informations avec un interlocuteur à l'autre bout du monde. « Avec les lunettes connectées, on filme le couac technique en temps réel, finis les aller-retour entre la base et le terrain. Les clients de CGI qui rencontrent un problème se connectent sur l'application et les techniciens de l'entreprise basés au siège résolvent immédiatement les difficultés » explique Brice Agnès, qui vante aussi l'autonomie (2h30) de cette paire de lunettes. Face aux Google Glass vendues 1.500 euros, les petites lunettes lyonnaises cédées à 299 euros cassent les prix et séduisent d'autant plus le marché BtoB. Après l'industrie, le secteur immobilier est déjà en demande, de même que le secteur du BTP.

Les perspectives

Les associés n'envisagent pas de levées de fonds avant plusieurs mois, et tablent sur 3.500 paires vendues d'ici la fin de l'année pour un million d'euros de chiffre d'affaires. « Après trois ans d'efforts, on va pouvoir se verser un salaire » souffle Carole Bollard.

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