« Nous n'avons pas fixé d'objectifs en terme de chiffre d'affaires, il s'agit plutôt de faire évoluer globalement l'entreprise, afin de devenir la référence pour la production des systèmes de direction des véhicules de dernière génération, à horizon 2020. » Pour Jean-Luc Hemmert, PDG de ThyssenKrupp Presta France à Florange (CA 2015 : 603 M€; effectif : 1.200), « dans notre secteur d'activité, le chiffre d'affaires ne représente pas forcément le volume réel d'activité. En effet, notre CA est en légère baisse, mais la production est, elle, équivalente, voire en augmentation au niveau des colonnes de direction. Nous en produisons actuellement 7,5 millions sur nos deux sites de Florange et Fameck, et l'année prochaine nous serons aux alentours de huit millions par an. La production des crémaillères de direction est stable, de l'ordre de 500 000 par an ». L'entreprise a d'ailleurs reçu la visite de François Hollande le 17 octobre dernier, « un moment incroyable », confirme Jean-Luc Hemmert. « Montrer une entreprise qui va bien et qui pérennise l'emploi dans la Vallée de la Fensch nous tenait vraiment à coeur. »
10 millions d'euros investis par an dans les trois prochaines années
ThyssenKrupp Presta France exporte 95 % de sa production, à destination des grands constructeurs automobiles mondiaux, comme Mercedes ou Porsche. Le groupe ThyssenKrupp (CA : 43 Mds?; effectif : 155.000) a investi 150 millions d'euros ces dix dernières années au sein des trois usines de Florange et Fameck. « Sur les trois prochaines années, l'investissement devrait être aux alentours de 10 millions d'euros par an, notamment dans le cadre de notre plan stratégique. Nous avons identifié quatre piliers pour atteindre notre objectif de 2020. Le premier est le client, être référence cela veut dire que lorsqu'un client a besoin de colonnes de direction, il pense immédiatement à nous, ce qui signifie qu'en terme de qualité livrée, de service qu'on lui fournit, nous devons être au niveau de l'excellence. Le deuxième pilier, c'est le management, avec notamment la formation de nos managers. Le troisième pilier, ce sont les collaborateurs, avec l'augmentation de compétences, la gestion du changement, etc. Le quatrième pilier est le pilier actionnaires, où nous sommes axés sur la rentabilité, l'excellence opérationnelle, être les meilleurs en terme de coût de non-qualité, de productivité. »
Deux robots collaboratifs opérationnels début 2017
En terme de rentabilité, ThyssenKrupp Presta France a prévu de réaliser « 15 millions d'euros d'économies d'ici 2020, et ainsi de diminuer nos coûts de production au sens très large. Entre autres : les coûts logistiques, les coûts de non-qualités, les coûts salariaux, mais aussi les frais généraux. Nous avons déjà atteint trois fois l'objectif que l'on s'était fixé pour cette année », appuie Jean-Luc Hemmert. Pour parvenir à ces objectifs, un des axes sur lequel travaille l'entreprise mosellane est « l'automatisation et la cobotique. Deux robots collaboratifs seront opérationnels au premier trimestre 2017, pour un investissement de l'ordre de 250.000 ?. Nous faisons également évoluer nos flux logistiques, avec la mise en place de sept AGV (automated guided vehicules) dans la partie réception, sur le site de Fameck. À terme, il y en aura 25 pour un investissement total de 3,5 M?. » ThyssenKrupp Presta France développe également un concept d'optimisation des flux, et mène des études sur l'utilisation par l'opérateur d'exosquelettes, « un dispositif ergonomique destiné à soulager et préserver la santé de l'opérateur », précise son P-dg. Une manière pour la filiale française du groupe allemand, de se tourner progressivement vers l'usine du futur.