Pyrénées-Atlantiques
Terres rares : une nouvelle usine confirmée à Lacq
Pyrénées-Atlantiques # Industrie # Implantation

Terres rares : une nouvelle usine confirmée à Lacq

S'abonner

Dévoilé lors du sommet Choose France en mai 2025, le projet d’une usine de production de métaux et alliages est confirmé sur le bassin industriel de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. Porté par Less Common Metals — entretemps racheté par l’américain USA Rare Earth — il représente un investissement de 110 millions d’euros. Lacq conforte son rôle dans la chaîne d’approvisionnement en terres rares.

Le bassin de Lacq poursuit sa mue : ancien territoire d’extraction gazière, il va devenir incontournable dans la production de terres rares — Photo : CCLO

L’annonce était guettée depuis huit mois. À l’époque, dans le cadre du sommet Choose France, Less Common Metals alors britannique avait évoqué Lacq en lieu d’implantation, prenant soin d’insister sur une confirmation à venir. C’est chose faite depuis cette semaine, par la voix du groupe américain USA Rare Earth (USAR) spécialisé dans la métallisation des terres rares, qui l’a racheté en novembre 2025.

Concrètement, la désormais filiale LMC Europe prévoit la construction d’une usine de production de métaux et d’alliages d’une capacité de 3 750 tonnes par an, à proximité de l’unité de traitement d’oxydes Caremag de Carester. Celle-ci, dont le chantier a débuté en mars 2025 et qui doit être mise en service en fin d’année, sera dotée d’une capacité de 1 600 tonnes par an. "Ensemble, ces deux plateformes permettront de constituer une chaîne d’approvisionnement complète pour le traitement des terres rares et la production de métaux et d’alliages en Europe", affirme USA Rare Earth.

110 millions d’euros et des crédits de l’Etat français

Le projet de LCM Europe a été chiffré à 110 millions d’euros. Pour aider à le financer, "le gouvernement français s’est engagé à répondre à plusieurs besoins en capital et en exploitation de LCM Europe", détaille le groupe américain. Ainsi, LMC Europe a obtenu des crédits directs au titre du crédit d’impôt pour une industrie verte (C3IV), pouvant atteindre 45 % du coût des équipements éligibles et jusqu’à 130 millions d’euros pour l’immobilier. Selon USAR, l’Etat français soutiendrait aussi les programmes de recrutement et de formation, sachant qu’entre 100 et 140 emplois seraient générés par l’usine.

L’usine d’USAR est prévue à proximité de celle, en construction, de Carester — Photo : Vindry Architecture

"Le développement en France d’une plateforme intégrée de traitement des terres rares et de production de métaux renforce la chaîne de valeur intégrée des terres rares d’USAR, au bénéfice des États-Unis et de leurs alliés, a déclaré Barbara Humpton, directrice générale d’USAR. Nous sommes fiers de créer la première plateforme de production de métaux en Europe, qui accélérera la mise en place d’une chaîne de valeur transatlantique des terres rares sûre et durable."

Ces terres rares regroupent des métaux stratégiques nécessaires à la fabrication de nombreuses technologies (énergies renouvelables, téléphones, etc.) et sont devenues un enjeu de souveraineté majeur. Elles sont aujourd’hui largement produites par la Chine.

Implanté au Texas et au Colorado, USAR construit en parallèle une usine de fabrication d’aimants néodyme frittés à Stillwater, dans l’Oklahoma, dont la mise en service commerciale est prévue pour le premier semestre 2026.

Lacq, hub européen des terres rares

Du côté des acteurs économiques locaux, la nouvelle est saluée de toutes parts. Lacq, territoire exemplaire dans sa réindustrialisation, avance d’un pas vers le "hub européen des terres rares" que dessine le GIP Chemparc. "Ce jalon important renforce non seulement notre économie locale, mais joue également un rôle clé dans la structuration de la Magnet Valley en Nouvelle-Aquitaine, contribuant ainsi à la construction d’une chaîne d’approvisionnement durable et stratégique pour le secteur des terres rares", commente Audrey Le Bars, PDG de Chemparc.

Dans la région, LMC joue aussi un rôle dans le projet du belge Solvay sur son site de La Rochelle (Charente-Maritime), pour lequel il intervient dans la transformation d’un des métaux nécessaires à la fabrication d’aimants permanents.

Pyrénées-Atlantiques # Industrie # Implantation
Dans le même dossier
La guerre des métaux critiques
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise LESS COMMON METALS EUROPE