Terrena : L'Ancenien veut devenir européen
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Terrena : L'Ancenien veut devenir européen

Agroalimentaire Evoqué depuis plusieurs années, le développement à l'international du groupe Terrena semble désormais acté. Le groupe ancenien affirme étudier dans ce sens plusieurs dossiers, tout en s'échinant à trouver des recettes pour redresser son activité « volailles ».

Ces dernières années, Terrena indiquait mettre le nez à la fenêtre de l'international. Comprenez : « on y pense, on regarde ». Mais pour sauter le pas, encore fallait-il que groupe coopératif ancenien parvienne à obtenir le feu vert de ses 22.000 agriculteurs et éleveurs adhérents. Dans ce sens, un grand pas avait été franchi en 2012, Alain Guillemin, dg du groupe, osant « l'international n'est plus un tabou pour nous ». Une formule en forme de révolution culturelle. Les barrières psychologiques du développement international tombées, Terrena s'échine aujourd'hui à prendre une nouvelle dimension européenne. Et l'Ancenien tient même à le faire savoir. « Si vous me demandez si nous songeons à des opportunités d'alliance pour faire grossir nos activités au niveau européen, je vous réponds oui. Si vous demandez si des dossiers sont à l'étude et s'ils ont des chances d'aboutir rapidement, la réponse est encore oui. Nous sommes en pleine négociation. La plupart des secteurs d'activités de Terrena sont en train de prendre rapidement une dimension européenne et notre préoccupation est de donner à chacune de ces activités une taille critique pour rester dans la course », explique Alain Guillemin. Et Hubert Garaud, président de Terrena de renchérir qu'il « est symptomatique de voir que les activités du groupe qui ont déjà une part significative à l'international, sont celles qui résistent le mieux ».




Les moyens de ses ambitions

En juillet 2012, Davodeau-Ligonnière, filiale de Terrena, a ainsi repris la société Valois pour constituer « le leader européen du plan de pommiers et l'un des tous premiers acteurs mondiaux » qui commercialise quatre millions d'arbres par an. Mêmes ambitions européennes au niveau de la filière « lapin » suite à une alliance conclue il y a un an avec Loeul et Piriot pour donner naissance à ALPM, désormais leader français de la viande de lapin Pas de précision cependant sur les autres activités du groupe qui seront amenées prochainement à prendre une dimension européenne via des alliances ou des opérations de croissance externe. Car pour mener ce développement à l'échelle européenne, voire mondial dans un second temps, le groupe Terrena affirme avoir les moyens de ses ambitions. L'Ancenien affiche en effet 557 M€ de fonds propres et un ratio d'autofinancement de 74 %. De quoi effectivement plancher sur des acquisitions ou alliances à l'échelle européenne. C'est notamment dans cette optique que le groupe coopératif a renforcé récemment sa direction opérationnelle avec l'arrivée de Maxime Vandoni, ex-Candia, en temps que directeur général adjoint en charge des activités végétales et distributions spécialisées, Alain Guillemin se concentrant sur la stratégie et les ambitions européennes du groupe. Ces nouvelles ambitions européennes désormais affichées interviennent alors que le groupe publie des résultats 2012 mitigés avec un chiffre d'affaires de 4,5 milliards d'euros, en hausse de 2,6 %, tandis que son résultat net chute de 47 % par rapport à 2011, à 10,9 millions d'euros. En cause notamment, l'envolée du prix des matières, le soja ayant par exemple connu une flambée des cours atteignant jusqu'à 100 % de hausse. « Cela s'est traduit par un impact de 84 M€ pour les productions de volailles et de porc, qu'il aurait fallu répercuter par une hausse des prix de 16 % auprès de la grande distribution. On n'a pu passer que 8 à 9 % », note Hubert Garaud. Motus et bouche cousue en revanche sur les résultats de Gastronome, la filiale « volailles » de Terrena. « Une chose est sûre : personne n'a gagné d'argent en 2012 sur le marché de la dinde en France alors que le rayon volailles fraîches est le plus rentable de la grande distribution. Alors, qu'on arrête de nous dire que 20 centimes c'est un gros enjeu », note Alain Guillemin.




L'avenir de la volaille est dans le lapin

Pour relever la tête, le groupe coopératif veut apporter davantage de valeur ajoutée aux produits volaillers en s'appuyant notamment sur ce qu'il vient de développer pour la filière cunicole. Il y a quelques mois, Terrena a ainsi lancé le Lapin Nouvelle Agriculture, nourri à la luzerne et garanti sans OGM ni antibiotiques. « Vendre, ce n'est pas seulement dire que l'on est moins cher que le voisin. On travaille bien sur ce produit avec Système U car ils sont peut-être plus sensibles aux offres à valeur ajoutée, pour le producteur et le consommateur. La logique de l'affrontement (NDLR : avec la grande distribution) est dépassée », renchérit Alain Guillemin. Si Terrena a ouvert un nouveau front vers l'international, l'Ancenien espère refermer celui qui l'oppose régulièrement à la GMS.

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Ancenis) Président : Hubert Garaud Dg : Alain Guillemin 12.046 salariés CA 2012 : 4,47 Md€ 02 40 98 90 00

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