« C'est un nouveau chapitre qui va s'écrire avec une nouvelle dynamique », annonce d'emblée Jean-Pierre Chavassieux, le président de Terra Botanica. Un chapitre qui démarre dès maintenant avec la création - effective mi-janvier - d'un GIP (Groupement d'intérêt public) en remplacement de la société anonyme d'économie mixte (SAEM) en place depuis la création du parc début 2010. Une structure juridique qui regroupe trois actionnaires : le Conseil général 49 (51 %), la ville d'Angers (48 %) et Anjou Tourisme (1 %) et qui devrait donner plus de souplesse à la gestion du site. Problèmes de positionnement, de tarifs, de gouvernance..., les causes de ce que certains qualifient de "fiasco" sont multiples. Pourtant, cet équipement porté par le CG 49 et qui a coûté près de 84 M€ pour sa seule réalisation, pourrait être une belle vitrine du savoir-faire végétal de l'Anjou. Les collectivités impliquées en sont, elles, en tout cas persuadées. Elles qui viennent de recapitaliser la SAEM à hauteur de 1,5 M€ afin de combler un déficit qui ne faisait que s'aggraver et de remettre plus de 9 M€ sur la table pour les trois années à venir.
"Seulement" 130.000 visiteurs en 2014 Sur les trois dernières années, le parc accuse une baisse constante de fréquentation, passant de 270.000 visiteurs en 2011 à 130.000 (+ 30.000 congressistes sur le centre d'affaires du site) en 2014. Et un déficit de plus d'1 M€ pour l'année 2013 (CA de 3,35 M€). « Il fallait absolument réagir et se donner les moyens d'inverser la tendance, c'est l'objet du GIP », souligne Jean-Pierre Chavassieux. C'est un challenge à 3 ans que se sont fixé les collectivités en investissant sur les 3 prochaines années (52 % pour le CG, 48 % pour Angers). Un investissement lourd pour la ville compensé par la récupération d'un terrain de 10 hectares, situé à proximité du parc et estimé à 5 M€, qui pourrait être cédé ou transformé en zone d'habitat.
5 M€ pour les investissements
Sur la somme globale injectée, près de 5 M€ seront consacrés à l'investissement. Et ça commence dès 2015 avec 1,75 M€ dédiés au réaménagement du site (notamment avec un nouveau film en 4D) et à l'installation d'un ballon d'hélium (une première dans l'Ouest) à 150 m du sol, capable d'embarquer une trentaine de personnes (coût de l'opération : 1 M€). Imaginé comme le futur emblème du parc, le ballon pourrait bien devenir « l'attraction principale de Terra Botanica », avance Denis Griffon, le nouveau directeur du site, qui prendra officiellement ses fonctions lors de la création du GIP en janvier.
Deux cibles prioritaires
Difficile de qualifier Terra Botanica. Jardin botanique ? Parc d'attractions ? C'est bien sûr le positionnement de l'équipement que le bât blesse. Pour le nouveau directeur, il s'agit avant tout de définir les cibles prioritaires. « Nous faisons le choix de nous recentrer sur l'enfant de 3 à 12 ans, c'est noble cible principale. On doit mieux toucher les scolaires. Nous allons, par exemple, mettre en place une mallette pédagogique à destination des enseignants afin de rendre la visite plus ludique et pédagogique. » L'équipe du parc travaille également sur la création de zones plus adaptées aux touts petits. La seconde cible est les + de 60 ans. « Nous voulons que Terra Botanica soit un trait d'union entre enfants et grands-parents. C'est le parc de l'oxygène, du bien-être et il faut que les gens s'amusent », poursuit Denis Griffon. Tous les acteurs locaux du végétal sont partie prenante pour redorer le blason du parc. « On imagine des événements comme la semaine de l'hortensia ou du cyclamen, la présentation du métier de fleuriste... on ne peut pas gagner tout seul ! » Les tarifs d'entrée seront revus à la baisse avec des pass famille pour les Angevins à moins de 50 €, des offres CE... « On va taper dans la butte comme disent les jardiniers », promet Denis Griffon. Le parc emploie une trentaine de permanents, qui seront maintenus, et une centaine de personnes durant la saison estivale.
Végétal Baisse de fréquentation, manque de positionnement clair... le parc angevin du végétal reprend des couleurs grâce à une enveloppe conséquente des collectivités. Le lifting du site commence dès 2015 avec un réaménagement et l'arrivée de nouvelles attractions.