Le 3mai dernier, le comité central d'entreprise du groupe sucrier Tereos a annoncé la poursuite de l'activité de conditionnement des sucres de spécialité dans son usine blanc et bleu de Nantes. Cet épilogue marque l'aboutissement d'un dialogue constructif entre la CGT, syndicat majoritaire à Nantes, et la direction du groupe pour éviter la fermeture programmée du site nantais. En effet, en 2009, suite à l'annonce du nouveau règlement sucrier européen réduisant les quotas de production français, Tereos décide l'arrêt de son activité de raffinage à Nantes. Un plan social portant sur 94 emplois est mis en place. Les activités de conditionnement sont temporairement maintenues jusqu'en juillet2013, le temps de les redéployer sur trois sites Tereos du Nord de la France. C'est à cette époque que la CGT sollicite la direction du groupe et les autorités locales pour réfléchir à une solution alternative à la fermeture.
Compromis économique et social
«En juillet2011, nous avons conçu le projet de construire, en périphérie nantaise, un atelier de conditionnement du sucre de canne. Cette matière première arrive en effet par bateau à Montoir-de-Bretagne et nous trouvions incohérent, d'un point de vue économique, de ne pas profiter de cette proximité et de transporter le sucre par camions vers le Nord de la France. En contrepartie, nous avons acté l'arrêt du conditionnement du sucre de betterave à Nantes car ce sucre est produit dans le Nord», explique Pierre Armenaud, délégué CGT de Tereos. Ce premier projet n'a pu aboutir en raison du coût trop élevé de la construction d'un nouveau site. Cependant, un compromis a été trouvé. Comme cela était initialement prévu, le conditionnement du sucre de betterave va être relocalisé, dans le courant du mois de juin, à Origny (Aisne) pour économiser en coûts de transport. En revanche, le conditionnement des sucres de spécialité (sucres de canne en poudre et en morceaux sous les marques La Perruche et Blonvilliers, cassonade et sucres gélifiés) est maintenu à Nantes. Les 17 salariés travaillant dans l'activité sucre de betterave se verront proposer un reclassement vers les autres activités de l'usine. De cette façon, 79 emplois seront préservés à Nantes.
Investissements à venir?
«Notre motivation, un dialogue humain et intelligent entre les parties en présence et la cohérence de notre plan ont conduit à ce succès», se félicite Patrick Janin, délégué CGT. «Grâce à un dialogue constructif, nous avons trouvé un compromis économique et social en gardant à Nantes l'activité la plus rentable. Nous recherchons désormais avec les représentants du personnel des pistes pour améliorer la compétitivité et diminuer ainsi les coûts d'exploitation de l'usine», souligne pour sa part Sébastien Brancourt, directeur du site. L'enjeu pour l'usine de Nantes, capable de traiter 27.000 tonnes de sucre par an, consiste en effet à trouver de nouvelles activités de spécialité pour compenser la perte des volumes en sucre de betterave et amortir ainsi les frais de fonctionnement. «L'augmentation des volumes peut venir de la progression des ventes et du développement de nouveaux packaging, notamment en Doypack (sachet souple), tous sucres confondus», avance Sébastien Brancourt. Des investissements destinés à moderniser l'outil de production sont par ailleurs en cours de discussion.
Tereos
(Nantes) Directeur: Sébastien Brancourt 79 salariés 02 51 88 66 00