« En 2013, j'ai voulu me retirer des affaires pour prendre ma retraite. J'ai donc décidé de vendre mon entreprise (holding Erba investissements composée d'Erba, Petrus Cros, Raimondi, Bernabé, Protect Metal et Scoccini ; plâtrerie peinture et revêtements techniques pour l'industrie et le BTP). Je ne souhaitais pas être racheté par un grand groupe, je ne voulais pas risquer le démantèlement puis la disparition. En mars 2013, j'ai finalement vendu 51 % de la holding à Damien Bertrand, ex-directeur général de GL Events. J'ai conservé 22 % des parts de l'entreprise mais je me suis complètement retiré de l'opérationnel. Je suis parti sur d'autres occupations en Afrique. Je commençais à m'habituer à ma retraite, fin 2014, quand Damien Bertrand m'a demandé de revenir. Devant la complexité du moment, devant les difficultés auxquelles l'entreprise devait faire face, il ne se sentait plus capable d'assumer la direction. Au 30 septembre 2014, le bilan d'Erba (vaisseau amiral du groupe NDLR) n'était pas bon avec un chiffre d'affaires en recul et un résultat négatif conséquent. Il a demandé le placement, dès octobre, en procédure de sauvegarde.
« Cela me faisait mal au ventre »
Les discussions avec Damien Bertrand ont été très courtes, moins d'un mois. Très vite, j'ai décidé de replonger car cela me faisait mal au ventre de voir que cette entreprise que j'avais développée pendant 20 ans allait droit dans le mur. Me dire que mes anciens salariés, plus d'une centaine de familles au total, allaient se retrouver sur le carreau, ce n'était pas supportable pour moi. Alors, j'ai repris la moitié des parts de Damien Bertrand pour détenir 51 % de la holding et reprendre les commandes.
« Je n'arrive pas en Zorro »
Le 5 janvier, au matin, Damien Bertrand avait demandé aux salariés de se rassembler. Ils m'ont vu arriver. C'était un moment assez fort en émotion. Je ne vais pas raconter des mensonges, certains étaient très contents de me voir, d'autres pas franchement ! Je suis revenu avec mon expérience du métier, des clients... mais j'ai bien prévenu que je n'arrivais pas en Zorro et que les difficultés étaient importantes. J'ai dû poursuivre le PSE qui avait été lancé. Une trentaine de personnes a été licenciée. Cela a été une épreuve très difficile car c'était la première fois que je licenciais pour des motifs économiques. Depuis, nous essayons de regarnir le carnet de commandes, de réorganiser le fonctionnement de l'entreprise, de réinstaurer les fondamentaux du métier. Mon objectif est de sortir du plan de sauvergarde avant cet été et de revenir à la rentabilité dès cette année. C'est tout à fait jouable. Je pense que nous allons faire 14 M€ de chiffre d'affaires sur Erba (20 M€ en 2013 NDLR) mais avec 30 personnes de moins, le point mort a été bien abaissé.
« Je suis reparti pour 3 à 5 ans »
Je ne veux accabler personne dans cette histoire. Je prends ma part de responsabilité, j'ai fait une erreur de casting en vendant l'entreprise à une personne parfaitement compétente mais qui n'était pas du métier. Je ne veux pas refaire la même bêtise. Je me donne donc du temps, entre trois et cinq ans, pour préparer la suite. Je vais essayer de faire monter 3 ou 4 salariés pour constituer un pool de repreneurs qui connaissent bien l'entreprise et ses forces ».
Erba investissement
(Lorette) Dirigeant : Remo Stella 160 salariés dont 124 pour Erba CA 2013/2014 : 24 M€ www.erba-groupe.fr