Témoignage d'entrepreneur : «Comment j'ai repris l'entreprise que j'avais vendue»
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Témoignage d'entrepreneur : «Comment j'ai repris l'entreprise que j'avais vendue»

Quand Alain Amouyal vend son entreprise de signalétique en 2010, il est loin d'imaginer qu'il la rachèterait quatre ans plus tard au Tribunal du commerce. Avec de nouveaux défis : remettre l'atelier en état, récupérer les anciens clients, gagner des commandes...

« J'avais vendu en 2010 l'entreprise Adam Marquages, que j'avais créée à Toulouse en 1988. Elle était spécialisée dans la signalétique : PAO, marquage adhésifs, impression numérique, réalisation de supports, pose... Nous travaillions pour Airbus, Tisseo, Aéroport Toulouse-Blagnac, des musées dont le Louvre et la Cité de l'espace, et de nombreuses PME. Après 22 ans, j'ai eu envie de faire autre chose. J'ai vendu Adam Marquages avec 35 salariés et un chiffre d'affaires de 3,4 M€, à un repreneur non toulousain qui venait du groupe Safran. Ce dernier n'ayant pas souhaité que je l'accompagne dans la reprise au-delà de trois mois, je suis parti pour lancer ma compagnie aérienne, Airplus Hélicoptères. »




La PME dégringole

« Or, en 2013, Adam Marquages s'est retrouvée en liquidation au Tribunal de commerce, avec 19 salariés, et plus de 400.000 euros de dettes. Les raisons ? Les clients avaient fui car ni le service, ni la qualité, ni l'écoute, ni le relationnel n'étaient au rendez-vous. Après dix-huit mois, le repreneur avait arrêté de payer le loyer des locaux, dont j'étais propriétaire. Il y a eu plusieurs plans de restructurations. Puis la liquidation, avec la remise en vente du fonds de commerce. Moi, je n'étais pas parti pour reprendre car mes activités aéronautiques étaient très prenantes. Mais je suivais l'évolution de l'entreprise de loin, et des anciens salariés m'ont sollicité, ainsi que le tribunal. J'ai alors repris les locaux, le matériel, la clientèle, une partie du personnel : un rachat de moins de 60.000 euros en juillet 2014. On est reparti avec une équipe de six personnes.




Une première année rentable
On a commencé par un gros nettoyage de l'atelier, la remise en place de l'outil de production, et un changement de nom (Sign, et notre site s'appelle Signplexi) car celui d'Adam Marquages était devenu une casserole. La première année, nous avons fonctionné par autofinancement, sur les fonds propres de ma holding. On a récupéré des anciens clients, comme Airbus. Le hic : on ne pouvait pas répondre aux appels d'offres car on n'avait pas d'historique... On a repris quelques contrats en sous-traitance et en direct. Une année laborieuse, qui s'est clôturée en décembre 2015 avec un chiffre d'affaires de 500.000 euros, dont 35.000 euros de résultat net. »




Une grosse commande

« Cette année, on a pu ouvrir une ligne de crédit, on commence à emprunter. Quant aux clients, certains sont venus dans nos locaux, ils ont vu que la production avait repris. On commence à postuler sur des marchés, on vient de gagner une grosse commande pour changer les enseignes et bornes informatiques des PMU du Grand Sud, pour SPIE. Notre parti-pris, c'est la qualité, l'écoute, le fait de donner confiance aux clients. Toujours sur la signalétique avec une spécialité dans le plexiglas. Cette année, nous tablons sur une croissance de 20 %. Nous avons 364 clients dont 80 % en région. C'est bizarre de reprendre une entreprise qu'on avait vendue. Mais l'humain a été un énorme facteur. Ma motivation première, c'était l'équipe. Aujourd'hui, elle est autonome, heureuse, dynamique. L'entreprise fonctionne presque comme une coopérative, car de mon côté je suis à 20 % sur Sign et 80 % sur Airplus Hélicoptères. Quant à l'ancien repreneur... il a remonté la même entreprise à Lyon. Savez-vous comment elle s'appelle ? Plexy Sign... »

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