«Il n'est pas question de mise en commun forcée», assure Paul Rivier, président de TV8 Mont-Blanc (effectif: 20; CA: 2,7M€): «C'est plus de bon coeur que nous travaillons ensemble». Mais si Télé Lyon Métropole (TLM), TéléGrenoble, Télévision Loire 7 (TL7) et TV8 Mont-Blanc augmentent leurs parts de programmes communs, c'est bien suite à la signature au printemps d'une Convention d'objectifs et de moyens portant sur 2010-2013 avec la Région Rhône-Alpes. Ainsi, dans le cadre de leurs missions de service public, les quatre chaînes locales renforcent «l'accès à l'information de proximité et la diffusion d'oeuvres audiovisuelles et de programmes d'intérêt général» avec pour objectif d'«insuffler une nouvelle dynamique de mutualisation entre ces quatre chaînes». Cette Convention s'accompagne d'«une contribution financière de la Région pour la première année de 142.000€ annuels pour TLM et TV8, de 98.000€ annuels pour TéléGrenoble et TL7».
Indépendance sauvegardée
[--------] [/--------]«Nous prenons en considération notre mission de service public, estime Paul Rivier, mais en totale indépendance.» Thibault Leduc, rédacteur en chef de TéléGrenoble (effectif: 10; CA: 1M€), assure également qu'il n'y a «aucune pression sur l'agenda, les programmes ne sont pas en lien avec la Région et les rédacteurs en chef assurent les garde-fous.» Même assurance du côté du P-dg de TLM (effectif: 26 ETP; budget de fonctionnement: 4,4M€), Jean-Pierre Vacher: «Les télés locales doivent travailler en partenariat intelligent avec les collectivités territoriales et locales car elles participent au rayonnement du territoire. Mais les rédactions sont autonomes, indépendantes. Il faut un affichage clair des partenariats, de la même façon qu'avec des annonceurs privés, des grands groupes publics et des institutionnels. C'est une de nos sources de revenus. Il y a un modèle économique, une répartition des recettes à trouver. La motivation de la région est d'avoir une couverture intelligente de la région par les quatre télés.» Et tous s'accordent également pour affirmer que ce travail commun n'est pas forcé. «Nous faisions déjà des petites choses ensemble depuis quelque temps, rappelle Jean-Pierre Vacher (NDLR: Agora, voir JDE décembre2008). Les changements d'actionnariats favorisent les rapprochements. TéléGrenoble et TLM ne sont plus des filiales de groupes, dont l'historique pesait, les relations étaient compliquées. Aujourd'hui à Grenoble et à Lyon nous sommes des entrepreneurs locaux. Cela facilite les discussions et nous avons la volonté de travailler ensemble. Nous avons intérêt à unir nos forces et à mutualiser certains moyens dans l'intérêt de chacune des chaînes. Cela ne remet pas en cause la pertinence du modèle de chaîne locale d'agglomération.» Yves Faure, de TL7 (effectif: 14; CA: 1,3M€) relève même «une réelle envie de travailler ensemble. Cela nous ouvre d'ailleurs des perspectives comme, pourquoi pas, de la publicité commune». Thibault Leduc estime que «le véritable impact est l'obligation de se connaître et de sortir de sa bulle. Cela crée des liens forts, une complémentarité, mais pas de concurrence.»
Les quatre télés locales de Rhône-Alpes augmentent leurs parts de programmes communs suite à une Convention signée avec la Région.