Télécom ParisTech : Les essaimés sèment
# Services

Télécom ParisTech : Les essaimés sèment

Depuis 2006, l'incubateur Télécom ParisTech Eurecom, spécialisé dans les TIC, a incubé 46 jeunes pousses, dont quelques jolies pépites généralement issues d'un essaimage technologique. Un axe de développement futur que souhaite renforcer la structure d'accompagnement.

Les TIC, rien que les TIC. Un secteur d'activité chahuté depuis plusieurs années déjà, mais qui reste la signature et la force vive de la technopole sophipolitaine. Dans cet écosystème évolue l'incubateur Télécom ParisTech Eurecom, un des acteurs clés avec l'IPE de la chaîne de l'innovation azuréenne. En cinq ans d'activité, l'incubateur peut se féliciter d'avoir accompagné la mue de 46 jeunes pousses, dont quelques success-stories édifiantes. Comme RivieraWaves, fondée en janvier2010 par des anciens du géant indien de la sous-traitance informatique Wipro-Newlogic, suite à la fermeture de son site sophipolitain. Spécialisée dans le développement de blocs IPs, ses compétences se situent dans le Bluetooth Low Energy (BLE) et ses applications liées aux capteurs sans fils (domaine médical, domotique, sport et fitness). Une technologie innovante, complétée depuis par l'obtention d'accords de licences sur les produits Wipro, lui permettant de bénéficier d'une plus grande emprise sur un marché qui s'est vite laissé séduire: 1,4M€ de CA la première année, 2,4M€ prévus pour 2011. RivieraWaves emploie une vingtaine de personnes et connaît «une croissance organique intéressante» que son P-dg, Ange Aznar, entend pour l'instant consolider «en autofinançant le développement de deux familles de produits: la dernière norme Bluetooth 4.0, et le Wifi nouvelle génération».




De Nexess à Mobiquithings

Autre jolie pépite ayant fait ses armes au sein de l'incubateur, Nexess, créée en 2007, à l'origine d'une solution RFID permettant la traçabilité, la gestion des flux et la sécurisation des opérations sensibles dans des conditions extrêmes. La PME (30 salariés, 1,7M€ de CA en 2010) avait levé 1M€ en 2010 pour élargir son expertise des sites nucléaires vers le secteur chimique et pétrochimique, et adresser l'international avec l'ouverture d'une filiale en Allemagne. «Nous venons d'ouvrir un troisième marché, celui de l'aéronautique, et engageons une phase de développement commercial en Europe», détaille son dirigeant Frédéric Galtier qui vise une progression de ses facturations entre 20 et 30% en 2011. Bien que plus jeune, l'opérateur télécom pure-playeur dédié au machine to machine, Mobiquithings, semble tout aussi prometteur. Incubé en août2010, il possède sa propre infrastructure centralisée, pouvant ainsi gérer et manager ses cartes SIM, et présenter une proposition de valeur multi-opérateur. «Cela nous permet d'offrir le meilleur réseau en fonction du critère métier à connecter, de pallier les zones blanches et grises et d'assurer la continuité technologique», explique son fondateur Cyril Hullin. Reste à «accrocher les réseaux d'accès». Pour l'heure, la start-up a noué «un certain nombre d'accords locaux et globaux qui nous permettent de couvrir le monde entier, dont quelques zones à des prix compétitifs comme l'Europe des 27, l'Afrique, le Moyen-Orient et les USA.» Les premiers contrats sont en passe d'être signés, notamment dans les secteurs de l'énergie et du transport.




Essaimage, solution miracle?

Le point commun de ces entités: elles sont le fruit d'un essaimage technologique. EDF pour Nexess, Alcatel-Lucent pour Mobiquithings. «L'essaimage accélère généralement le déploiement de la preuve du concept car les porteurs de projet ont accès aux ressources de l'essaimeur, qui peut parfois devenir le premier client ou, du moins, faire bénéficier l'entreprise essaimée de son propre réseau», explique la directrice de l'incubateur, Patricia Braun, qui souhaite renforcer cette approche en jouant sur les synergies possibles avec les partenaires traditionnels de l'école Télécom ParisTech. Mais l'essaimage n'est pas pour autant une solution miracle, et n'empêche pas les difficultés. En témoigne la croissance plus confidentielle de la jeune pousse Adypsis (5 salariés, 300K€ de CA prévu pour 2011), essaimage des laboratoires R & D d'Orange, fondée en 2007 et positionnée dans la gestion d'infrastructures réseaux sans fil. Très axée technologie, la start-up a dû développer une approche services associés. «On a beau avoir un bon produit, si le client ne sait pas maîtriser sa valeur ajoutée, on va dans le mur», confie son dirigeant François Bourdais. Après une année 2010 «difficile», l'entreprise retrouve du souffle dans les pays émergents, et table sur un doublement de son CA en 2012. Elle parie également sur l'avenir en s'engageant dans un programme de recherche Paca Labs sur l'habitat connecté et la numérisation de ses usages.

Télécom ParisTech



04 93 65 33 70 @email

# Services