Quand cet ingénieur formé au traitement du signal crée Tecknisolar à Saint-Malo en 1992, il invente des panneaux lumineux par énergie solaire. Pour la sécurité routière, son premier pôle de compétences. Pascal Barguirdjian s'oriente également vers la recherche maritime (bouées lumineuses...), automobile (détecteurs de pluie...) et le militaire (drones électriques pour l'armée, caméras thermiques...). Pour 2014-2015, l'ingénieur vise même le milieu médical, avec deux innovations : un capteur électronique détectant les apnées du sommeil, et un procédé d'économie de carburant pour les bateaux de pêche hauturiers...Tout est à chaque fois breveté (deux par an), et vendu exclusivement sur le territoire français. Mais Pascal Barguirdjian a l'ambition de se développer à l'international. C'est l'île de la Réunion qui va lui ouvrir le chemin de l'Australie, de l'Afrique du Sud puis du Brésil. « On y interdit aux gens d'aller sur les plages à cause des requins », constate Pascal Barguirdjian.
300.000€ pour la recherche
Lui a trouvé la parade : un dispositif répulsif pour les faire fuir, le Dearteck. « Ce sont des ultra-violets pulsés optroniques, avec propagation d'ondes acoustiques, avec une portée de 200 m ». L'invention est déclinée en trois modules : générateurs reliés à des bouées solaires pour créer un mur électronique de protection des plages ; un pistolet pour plongeur ; un dispositif accroché au mollet pour les surfeurs. Un produit qui a nécessité trois ans de recherche, à 300.000€ (financé sur fonds propres). « Nous avons la chance d'être chaque année créditeurs, l'entreprise va bien, on marge entre 20 et 30 % grâce à l'invention », souligne Pascal Barguirdjian, qui réalise 1 M€ de chiffre d'affaires. « On n'est pas des commerçants, ce qui nous intéresse, c'est notre portefeuille de brevets. Mais pour 2015-2016, on vise 50 M€ de CA, avec deux filiales ». Le dirigeant a en effet créé Tecknomer (1997) pour commercialiser ses inventions maritimes, et en octobre dernier Tecknimedical. La barre est haute, mais Pascal Barguirdjian estime les besoins de l'Australie, très intéressée, à 5.000 Dearteck : 750€ l'unité, et 100.000€ pour équiper 300 m de plage !
100 emplois à la Réunion
À la Réunion, les contacts sont très avancés, notamment avec des sous-traitants.Le Malouin devrait même y ouvrir sa première unité de production, avec une centaine d'emplois à la clé dès ce semestre. Investissement nécessaire : 2 M€. « Si ça ne se fait pas à la Réunion, je le ferai en Australie », confie-t-il, avec toutefois l'envie d'aider le redémarrage économique de l'Ile Bourbon. « Elle perd chaque jour des millions à cause des requins ! » Une fois que ces marchés seront acquis dans l'hémisphère sud, le dirigeant espère y vendre ses autres inventions, d'autant que les idées ne manquent pas !
Tecknisolar-seni
(Saint-Malo)Gérant : Pascal Barguirdjian4 salariésCA 2012 : 1 M€www.tecknisolar.com