Que représente pour vous la hausse de la taxe sur la bière décidée par le gouvernement? Pour les brasseries de moins de 200.000 hectolitres de production, comme nous, la taxe passe de 1,38 à 3,60euros par degré d'alcool et par hectolitre produit en 2013. À périmètre constant, ma facture va gonfler de 23.000 à 60.000euros! C'est inadmissible. D'autant plus injuste que les petites brasseries sont plus touchées que les moyennes.
Comment se traduit cette augmentation sur les prix?
Si l'on répercute la marge appliquée par les distributeurs et les cafetiers pour être rentable, cela fait 20 à 30 centimes de plus en fonction du degré d'alcool, sur un demi de Mélusine. En comparaison, un verre de vin est 22 fois moins taxé! Alors qu'on en consomme beaucoup plus, sa taxation ne rapporte que 90millions d'euros contre 300millions et bientôt 800millions pour la bière, sur un marché français de deux milliards. On marche sur la tête!
Cette pression fiscale menace-t-elle votre activité?
Cela nous impacte, mais ne devrait pas nous empêcher d'atteindre le seuil de rentabilité en 2013. Avec une production prévue de 4.000 hectolitres sur une capacité potentielle de 10.000hectolitres avec notre outil actuel. Il faut être combatif. On veut progresser en vente en GMS, sur les réseaux bio et surtout sur la partie café-hôtellerie-restauration. En janvier, d'une bière «associative» baptisée la Fée'stive, une blonde légère à 4,8 degrés, destinée aux clubs de sport et à tout type de manifestation publique. Paradoxalement, l'augmentation de la taxe devrait nous rendre plus performant sur ce type de marché. Les industriels paieront 19 centimes de plus que nous au litre.
Mélusine
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