Taxe Borloo : Les réseaux bretons mobilisés à La Gravelle
# Réseaux d'accompagnement

Taxe Borloo : Les réseaux bretons mobilisés à La Gravelle

Les réseaux auront joué à plein. Malgré le froid et la neige, des entrepreneurs de tous horizons manifestaient au péage de La Gravelle le 4février.

Le 4février au péage de La Gravelle, les casques de chantier de la Fédération française du bâtiment auront côtoyé la bannière du Conseil national des professions de l'automobile. Mieux: les agriculteurs et les pêcheurs auront pour une fois fait cause commune avec la grande distribution. «Il n'y a qu'en Bretagne qu'on peut faire ça», soulignait Patrick Caré, président de l'Union patronale bretonne (UPIB) et principal instigateur du mouvement. «Lors de la première réunion à Rennes, nous étions déjà une soixantaine, il n'y avait pas assez de chaises. Nous avons fait la preuve aujourd'hui que demain, il faudra compter avec le monde économique breton.» Bretons avant tout. Obstinés à demander le retrait de cette "Taxe Borloo". Sans conditions. «Les 25% de minoration du Finistère ne correspondraient qu'à 9,5M€ sur les 120M€ de la taxe», rappelle Patrick Caré.




Au-delà des






clivages

C'est en tout cas au Conseil économique et social de la Région Bretagne qu'a germé l'idée de cette mobilisation inédite. Jean-Yves Le Drian, président PS du Conseil régional, donnait d'ailleurs la veille de la manifestation une interview au Télégramme sur le sujet. Mais cette fronde patronale dépasse les clivages politiques et partisans. Ne voyait-on pas se succèder à la tribune Michel Houdebine, président de Valorial et maire de Noyal-Pontivy et Christian Troadec, maire de Carhaix ceint du Gwenn ha du (drapeau breton)?




«Contexte difficile»

«L'écologie est un sujet vendeur mais dans le cas de l'écotaxe, il ne faut pas se leurrer, les considérations sont exclusivement financières», soulignait Hervé Lejeune, délégué régional de la Fédération nationale des transporteurs routiers, lui aussi au carrefour de nombreux réseaux : Medef, Cnam et élu d'opposition à Cesson-Sévigné. Tout comme Pierrick Dano (Intersport) ou Pierre-Yves Legris (Legris Industries), croisés dans la foule. «Le réseau, c'est un filet qui résiste mieux quand il y a du tumulte», remarque Michel Houdebine, rencontré alors qu'il était en pleine discussion avec Alain Glon. «En Bretagne, nous sommes plutôt le roseau que le chêne, nous plions mais nous ne rompons pas.L'agroalimentaire, c'est 750 PME et 50% du chiffre d'affaires industriel de la région.» La crise n'est peut être pas la meilleure fenêtre de tir pour l'avènement d'une telle loi. «Le contexte est difficile», reconnaît Laurent Kerlir, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles et chef d'exploitation à Ploërmel. «Mais la Bretagne est la seule région qui ne soit pas en récession grâce à son agriculture et son agroalimentaire. Or l'écotaxe pourrait impacter chaque exploitation jusqu'à 5.000 € par an.» Même son de cloche côté petits exploitants. «L'écotaxe nous coûtera 1€ par porc et 2 centimes d'€ par litre de lait», explique Christian Mochet, éleveur de vaches laitières en Ille-et-Vilaine. «Nous serons obligés de répercuter ces coûts alors que le gouvernement et les GMS ne veulent pas que les prix augmentent.» Une délégation du collectif devrait se rendre à Matignon ce 6 mars afin de poursuivre les discussions.

# Réseaux d'accompagnement