Les contrats courts vont coûter plus cher à l'entreprise. Les annonces de Manuel Valls concernant l’insertion des jeunes sont accueillies favorablement par les organisations d’étudiants et de lycéens. Mais les patrons sont ulcérés. Le premier ministre a en effet annoncé que l’insertion des jeunes sur le marché du travail serait facilitée notamment par une taxation des CDD. Celle-ci prendra la forme
d'une augmentation des cotisations patronales à l’assurance-chômage. Il reviendra aux partenaires sociaux de
définir le barème et le champ d’application de cette surcotisation, indique par le gouvernement. Celui-ci a aussi précisé que la modulation des contributions patronales à l’assurance-chômage serait rendue obligatoire. La confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a déjà brandi la menace d'un boycott des négociations sur l’assurance-chômage en guise de réponse.
Les chefs d'entreprise de PME vont de déception en déception.
François Turcas président de la CGPME du Rhône ne décolère pas. D'abord, le plafonnement des indemnités aux Prud'hommes en fonction de la taille des entreprises, retoquée par le conseil constitutionnel. Maintenant, les CDD. « Depuis 2013, il faut savoir que les CDD de courte durée ont un montant de taxation majorée (NDLR : 7 % pour moins d'un mois et de 5,5 % pour les CDD entre 1 et 3 mois) », rappelle François Turcas, dépité qu'il soit envisagé d'appliquer ces majorations à l'ensemble des contrats de courte durée. « Si on taxe la possibilité d'embaucher des gens qui cherchent du travail, mais comment va-t-on faire ? », interroge François Turcat. Le vrai problème des PME est de réussir à adapter le plan de charge des entreprises aux besoins de main d'œuvre. « C'est le fruit d'une méconnaissance totale de notre premier ministre ! » Et de craindre que la loi El Khomri, si ambitieuse à son lancement, n'accouche, comme la loi Macron, d'une souris. « Au départ, elle englobait des dispositions merveilleuses pour les PME. Finalement, elle s'est traduite par quelques ouvertures le dimanche et l'émergence de nouveaux concurrents pour la SNCF !»
Guillaume Richard, patron de l'enseigne de services à la personne O2 n'est pas moins choqué. « Aberrant », « délirant », lance le patron sarthois. « L'objectif initial de cette loi était de réduire les contraintes des employeurs pour libérer la possibilité de créer des emplois. Les étudiants en sont la cible prioritaire. Je ne vois pas comment, en taxant les CDD, on va inciter à embaucher en CDI... Beaucoup de chefs d'entreprise ne recrutent pas car ils craignent de ne plus pouvoir ajuster leurs effectifs à leur volume d'activité. C'est une réalité que je constate tous les jours ! Avec cette disposition, on va juste limiter le nombre de CDD... Or, il est toujours préférable d'avoir un emploi, même à temps partiel ou en CDD, que de ne pas en avoir du tout ! Car un CDD est aussi une occasion de prouver sa valeur. Moi, par exemple, j'ai démarré en CDD à la Française des Jeux. Je suis ensuite passé en CDI.»
L'augmentation envisagée des cotisations patronales à l’assurance-chômage pour les CDD fait bondir les chefs d'entreprises. Réactions.