Tallec : La PME investit aussi dans l'innovation
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Tallec : La PME investit aussi dans l'innovation

Agroalimentaire La PME spécialisée dans la charcuterie achèvera en 2013 un programme d'investissement de 4M€. Du "droit à vendre" mais aussi de l'innovation.

Trois millions d'euros, c'est le montant investi en trois ans par les Salaisons Tallec. La PME de Bannalec prévoit également 1,05M€, sur la période 2012 - 2013 pour développer le frais emballé. L'atelier frais emballé, mis en place en 2009, représente aujourd'hui 15% du chiffre d'affaires total (26,5M€ en 2012). Un plan d'investissements ambitieux mais nécessaire étant donné l'état de l'entreprise au moment de la reprise par Michel Moreu au groupe Ducatel en 2006. Tallec connaît de lourdes pertes. Les premières années, accompagné de Briec Bounoure comme directeur général (reparti chez Doux comme conseiller en mai), Michel Moreu redresse la PME. Les premiers investissements, 670.000€, deviennent possibles sur l'exercice 2009 - 2010. Viendront 740.000 € en 2010 - 2011 puis 1,230M€ en 2011 - 2012. «Pour beaucoup, ils sont consacrés à du "droit à vendre"», souligne Michel Moreu. C'est-à-dire à la remise aux normes des sites ou au respect de critères pour le cahier des charges des clients (70% de GMS, 30% de grossistes).




Innovation avec l'Inra

Depuis avril, la PME finistérienne a ainsi réussi à percer en Angleterre en fournissant l'une des grandes marques britanniques Waitrose. «Cela a demandé environ 250.000€ d'investissement. Ce sont des clients exigeants», précise Michel Moreu. L'export représente 15% des ventes. Tallec est présent en Allemagne mais aussi au Maroc, via sa filiale de négoce, Protagoras.

«On dit qu'on n'innove pas dans l'agroalimentaire, mais si!», peste Michel Moreu. Pour preuve, la participation de Tallec à un projet du pôle de compétitivité Valorial de 900.000€, validé il y a trois mois. Ils travaillent notamment avec le fabricant de machines Guelt ou encore l'institut d'agronomie Inra. «Il s'agit de mettre au point de nouveaux produits, plus riches en Oméga 3 et contenant moins de sel, explique le dirigeant. Les premiers produits fabriqués à partir des cochons de l'Inra sont partis en juillet à l'institut pour analyse.» La part de Tallec dans le financement du projet est de 250.000€ dont la moitié vient d'une aide. «L'agro est technophile, analyse Jean-Luc Perrot, directeur de Valorial, en visite chez Tallec cet été. Elle est consommatrice d'innovations qui ne se voient pas forcément.» «On a une visibilité à court terme. On se sent un peu asphyxié, déplore le dirigeant. Dans notre secteur, la marge s'est considérablement réduite. De 2 à 3% dans les années 80, elle est aujourd'hui inférieure à 1%.» «On fait de l'artisanat industriel», ajoute Michel Moreu. Si Tallec est parvenu à augmenter son chiffre d'affaires de 5%, c'est grâce à son positionnement haut de gamme. Mais le dirigeant tempère: «+5% mais avec une hausse de 10% de la masse salariale. Ce n'est pas non plus très sain. Et le contexte reste difficile.» Tallec avait déposé une offre de reprise pour le site de Doux Frais de Sérent (Morbihan) de 159 salariés. Elle l'a finalement retirée début septembre.

Tallec



(Bannalec) Dirigeant: Michel Moreu 200 salariés 26,5millions d'euros de chiffre d'affaires


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