Le laboratoire Taglab, fondé dans les années 80 par le créateur de l'enseigne malouine de glaces Sanchez, est depuis avril entre les mains de Sylvie Bondil. Cette ancienne directrice de marques de chaussures comme Pataugas et Mosquitos est arrivée à Saint-Malo il y a trois ans, avec l'envie de reprendre une entreprise, en s'attaquant à l'agroalimentaire. En attendant de trouver chaussure à son pied, elle a créé sa marque de glace haut de gamme, Moustache. C'est alors qu'elle rencontre le laboratoire Taglab, à ce moment-là dirigé par Ollivier Decroi, à qui elle demande de fabriquer ses glaces. « Un jour, il est venu me voir et m'a proposé de racheter Taglab », raconte Sylvie Bondil, qui accepte le challenge. Le laboratoire emploie aujourd'hui 9 personnes (dont trois saisonniers) et réalise autour d'un million d'euros de chiffre d'affaires. « Je suis en train de recruter un commercial », annonce la nouvelle gérante, qui veut développer ses différents canaux de distribution. Les glaces produites par Taglab (environ 300.000 litres par an) sont vendues à 60 % en restauration et points de vente comme des boulangeries-pâtisseries... Les 40 % restants servent à fournir les six points de vente qui exploitent la marque Sanchez (un peu comme des franchises : Saint-Malo, Rennes...). « Ces boutiques sont l'un de nos axes de développement, et selon deux formats, pour un meilleur équilibre. Nous allons développer des franchises mais aussi désormais des magasins en succursale », annonce Sylvie Bondil. Elle vient en effet de trouver un fonds de commerce pour ouvrir un Sanchez en propre à Cancale (2 salariés seront recrutés). Objectif : occuper le marché des glaces artisanales locales, « et suivre la tendance du manger sain, des matières premières de qualité et locales », insiste la dirigeante. Pour se faire une place et tenir la cadence, elle a prévu d'améliorer son outil de production, investissant 500.000? dans de nouvelles machines. Puis de déménager dans trois ans, pour s'agrandir... En attendant, sa glace Moustache cherche de nouveaux canaux de distribution : elle quitte les rayons de la GMS (trop dur en guerre des prix pour ce segment) pour viser les restaurants, boulangers-pâtissiers, etc.
Virginie Monvoisin