Grandes manoeuvres en cours dans le secteur du transport routier. Depuis le début de l'année, dans les Pays de la Loire, les opérations de reprises d'entreprises se succèdent. Citons, pêle-mêle, le rachat de STMC le mois dernier par les Transports Douaud à Gétigné, Brelet passé dans le giron des Transports Gazeau, le Vendéen Grimaud qui a repris le Poitevin Paulus Guillot ou encore le groupe Rave qui a pris 50 % du capital de Sopitra en Loire-Atlantique. Et ce phénomène de concentration va se poursuivre.
Pyramide des âges
« On assiste à un phénomène de concentration dans le transport de marchandises depuis quelques années et il va encore s'accélérer. La première raison tient à la pyramide des âges. Beaucoup de dirigeants d'entreprises du secteur arrivent à l'âge de la retraite et n'ont pas de successeur dans leur famille. Cette problématique de transmission entraîne mécaniquement une concentration des acteurs », souligne Pierre Baudouin, délégué de la FNTR des Pays de la Loire. Cette concentration tient aussi largement au contexte économique difficile auquel fait face la filière transport. « Le marché est ultra-concurrentiel avec des résultats d'exploitation de l'ordre de 1,5 %. Un des leviers de développement, c'est de massifier nos volumes, d'où des opérations de rachat. Nous concernant, nous ne sommes pas non plus engagés dans une course à la taille. Si nous avons repris Brelet, c'était une logique stratégique, afin de nous diversifier et de moins dépendre du transport de conteneurs », explique Richard Gazeau », P-dg des Transports Gazeau.
Mutation en cours
Ajoutée à la conjoncture, l'évolution de l'environnement réglementaire favorise également ce phénomène de concentration. « Si on additionne la hausse du prix du gazoil, la taxe poids lourd et le poids pris par le cabotage, ce système qui permet aux entreprises européennes de réaliser un transport intérieur en France, certaines entreprises françaises sont contraintes de grossir pour rester compétitives face à la concurrence étrangère », note Pierre Baudouin. « Il restera toujours des petits transporteurs parce que la dimension régionale dans le transport routier reste importante, mais leur part risque de diminuer. Ce qui est sûr, c'est que de belles boîtes vont changer de mains dans les prochaines années dans la région. Il n'y a pas besoin de chercher les dossiers de reprise. On nous les apporte », souligne Richard Gazeau. La mutation du secteur des transports routiers ne fait peut-être que commencer.
Les opérations de croissance externe dans le secteur des transports routiers se multiplient dans la région. Le phénomène devrait encore s'accélérer.