SVA Jean Rozé : Intermarché veut reprendre Gad Josselin
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SVA Jean Rozé : Intermarché veut reprendre Gad Josselin

agroalimentaire Intermarché et SVA Jean Rozé sont plus que jamais sur les rangs pour reprendre Gad Josselin (950 salariés). Une lettre d'intention a été déposée.

Le groupement des Mousquetaires (Intermarché) et la SVA Jean Rozé ont confirmé leur intérêt en vue de la reprise de l'abattoir Gad de Josselin. Une lettre d'intention a été déposée le 1er septembre auprès des administrateurs judiciaires, et commissaires à l'exécution du plan de redressement de la société ordonné par le tribunal de commerce de Rennes. En effet, en proie à de grandes difficultés, le groupe Gad a demandé cet été son placement en liquidation judiciaire. 950 personnes sont actuellement employées sur le site de Josselin.




Un investissement de 20 M€ ?

Attendue, cette annonce d'Intermarché s'accompagne également de précisions sur son projet futur. « Une modernisation des installations, impliquant un programme d'investissements important, de l'ordre de 20 M€, sera néanmoins nécessaire pour que l'abattoir de Josselin redevienne performant et compétitif. » La démarche de l'enseigne s'inscrit dans un plan plus vaste. Après la reprise en juin dernier de l'abattoir de Briec-de-l'Odet (29), Intermarché met en place une stratégie d'intégration de la filière porcine. « Elle permettra de proposer l'approvisionnement à 100 % en viande de porc française aux 2.000 points de vente Intermarché et Netto ainsi qu'aux sept usines de charcuterie du groupement des Mousquetaires, en complément de l'actuel abattoir de porcs Gatine Viandes de La Guerche-de-Bretagne (35), actuellement au maximum de ses capacités. Si l'intérêt d'Intermarché pour le site morbihannais se précise, le dossier est loin d'être ficelé. Le groupement fixe des postulats à la reprise. « Cela ne se concrétisera si toutes les conditions juridiques sont réunies pour assurer la pérennité de l'activité et donc la réussite de la reprise. Ce n'est qu'ensuite qu'une offre formelle pourra être soumise au tribunal de commerce de Rennes. »




Contexte tendu

Cette reprise s'inscrit en effet dans un contexte complexe. Suite aux difficultés de Gad l'an passé, la Cecab a fait le choix de ne garder que le site de Josselin et de fermer celui de Lampaul-Guimiliau (29) : 890 emplois avaient été supprimés. Lors d'un comité d'entreprise extraordinaire début août, la direction de Gad annonçait aux représentants du personnel son intention de solliciter la fin du plan de continuation auprès du tribunal de commerce et de placer la société en liquidation. Ce plan, destiné à sauver le site de Josselin, n'aura pas tenu plus de sept mois. Il avait été décidé en février par le tribunal rennais, suite au placement en redressement judiciaire de la SAS. Le 9 août, 200 salariés (sur les 1.000 du site) ont manifesté leur mécontentement à Lorient, lors du festival Interceltique.




Marché en berne

D'après le syndicat CFDT, Gad n'avait pas d'autre choix que celui de la liquidation. L'abattoir de porcs serait confronté à une échéance de 4,5 millions d'euros, qu'il ne pourra pas honorer en octobre. La CFDT a saisi le Premier ministre Manuel Valls. Courant août, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture se déclarait toutefois relativement optimiste quant à une issue positive sur ce dossier. Il annonçait une réunion de concertation pour la rentrée entre l'État, la préfecture de région et la Région Bretagne afin que la reprise aboutisse. L'incertitude quant au devenir du site pourrait faire détériorer le climat social si cela perdurait. La tenue du Space à Rennes courant septembre pourrait être une tribune toute choisie pour des salariés et une filière en colère.

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