La saga familiale des Burel continue. Fabien Burel, le créateur de l'entreprise de matériel agricole de Châteaubourg, doit être heureux de l'évolution de Sulky-Burel. À plusieurs titres. L'affaire reste en effet dans la famille, puisque l'ancien patron Jacques Burel vient de passer la main à son fils Julien. Au 1erjuillet dernier, il est en effet devenu président du directoire de l'entreprise familiale, épaulé par Gilbert Jouan, qui devient directeur général. Une transmission en douceur puisque le petit-fils du fondateur a déjà treize ans d'activité dans l'entreprise de machines agricoles. Arrivé en 1998, Julien Burel a travaillé pour les services clients, marketing, achats, avant de devenir directeur commercial et marketing puis directeur industriel. Jacques Burel, lui, reste présent dans le directoire, «jusqu'à 75 ans!», annonce-t-il avec passion. Pour la gestion et la stratégie d'entreprise.
Investissement: 20M€
Une stratégie qui se veut résolument tournée vers l'avenir. Sulky-Burel avait en effet besoin de s'agrandir, pour faire face à l'évolution de sa profession, mais aussi de l'attaque de nouveaux marchés. À l'étroit à l'entrée de Châteaubourg, elle a donc pris ses valises, cartons et machines, direction la zone d'activité de la Gaultière, aux Portes de Bretagne. Voilà désormais Sulky voisine de Sojasun et de son éolienne (lire page16)! «Le site n'était plus très fonctionnel. Nous étions trop à l'étroit pour regarder le futur avec enthousiasme», souligne Jacques Burel. Pour 20M€, le spécialiste du semis et de la fertilisation des cultures a fait construire sa nouvelle usine. Un bâtiment de 20.000m² qui trône au milieu de 7,5ha de terrain. De quoi voir loin en terme d'agrandissements éventuels...
«Être meilleur que les concurrents»
La construction a d'ailleurs été pensée pour durer, avec l'utilisation de matériaux isolants performants. Côté matériel, un nouveau robot de soudure vient de faire son entrée dans les ateliers. «Le nôtre avait vingt ans, souligne Jacques Burel. Celui-ci est moins gourmand en eau, en électricité, et est bon sur le plan qualité». Sulky-Burel ne s'endort pas sur ses lauriers et se donne les moyens de réfléchir aux technologies innovantes. La preuve avec la création d'un bâtiment séparé de l'usine dédié à son service R & D composé de 15 personnes (budget annuel: 5% du CA). Les machines ont aujourd'hui de plus en plus d'électronique, par confort et souci environnemental. Voilà qui séduit le marché français, mais aussi de plus en plus l'Europe centrale. «Et la recherche est nécessaire pour être meilleur que les concurrents», considère Julien Burel.
50% à l'export dans 5 ans
«Le développement aujourd'hui passe par l'export, explique Julien Burel. Nous réalisons 33% de notre chiffre d'affaires à l'étranger et visons les 50% d'ici à cinq ans». Avec des concurrents non plus tellement français mais allemands, italiens et hollandais, Sulky se positionne sur le marché européen. «Chez nous, nous vendons du matériel en renouvellement. Mais à l'Est notamment, il y a des agriculteurs à équiper, comme en Russie. Nous travaillons aussi depuis peu au Japon et en Chine, mais nous mettons surtout le paquet en Europe!» Sulky sort ainsi 4 à 5.000 machines de son usine. Avec la volonté de «rester spécialiste du semis et de la fertilisation, souligne le président. Cela nous permet, contrairement à nos concurrents généralistes, de rester plus à l'écoute des agriculteurs pour innover plus massivement dans les gammes». Le nouveau départ de Sulky devrait permettre à l'entreprise de recruter une vingtaine de salariés dans les trois ans.
Quid de l'ancien site?
Quant à l'ancien site à l'entrée de Châteaubourg, il reste pour l'instant la propriété de la famille Burel. Elle réfléchit actuellement à sa transformation. Pourquoi pas en centre commercial avec un magasin alimentaire et quelques boutiques...
Sulky-Bruel
(Châteaubourg) Président: Julien Burel DG: Gilbert Jouan 175 salariés CA: 32M€ 02 99 00 84 84
www.sulky-burel.com