Le pari de STX est en train de prendre. Ces dernières années, le challenge du chantier naval nazairien de 2.500 salariés consiste à s'immiscer sur le marché des énergies renouvelables. Pour cela, la filiale du groupe sud-coréen STX vient de se doter d'une nouvelle usine à Saint-Nazaire. L'investissement de 20 millions d'euros donne naissance à une unité de production s'étendant sur 11.000 m², capable de produire chaque année une vingtaine de fondations d'éoliennes ou deux sous-stations électriques, des énormes transformateurs situés en pleine mer et reliés aux éoliennes offshore. Faisant face à l'Harmony of the Seas, le plus gros paquebot du monde actuellement en construction à Saint-Nazaire, la nouvelle usine vient d'être inaugurée et vient d'enregistrer sa première commande. STX a en effet lancé la construction des ateliers sans aucun engagement client.
Une commande de 100 millions d'euros
STX va concevoir et construire une sous-station électrique qui sera installée au milieu d'un champ éolien, situé dans la mer du Nord. Le nom du client n'est pas pour l'instant connu. Cette sous-station électrique représente pour STX un contrat d'une centaine de million d'euros. Mesurant une cinquantaine de mètres de long pour une trentaine de large et une vingtaine de haut, la structure métallique pèsera entre 3.000 et 4.500 tonnes. Sa livraison est prévue à l'été 2018. Elle va nécessiter le recrutement de plusieurs dizaines de salariés, chaudronniers et soudeurs. Jusqu'à 250 personnels de STX et de ses sous-traitants vont travailler sur cette sous-station électrique.
Une réponse attendue à l'automne
Il s'agira de la deuxième... ou de la troisième sous-station électrique fabriquée par STX. Le Nazairien a déjà livré une première sous-station, trois fois plus petite, pour l'énergéticien Dong. À l'été 2017, il pourrait livrer une autre sous-station en mer du Nord, pour un client dont le nom n'est pas encore dévoilé. Le chantier naval a en effet reçu une lettre d'intention allant dans ce sens, pour un contrat inférieur à cent millions d'euros. Étant donné les délais, la direction de STX a décidé de commencer les études de fabrication, sans attendre la transformation de cette lettre d'intention en commande ferme. Directeur général de STX France, Laurent Castaing, attend une réponse définitive de son client au plus tard en octobre.
L'éolien : 20 % de l'activité ?
Ces commandes confortent le plan de charge déjà bien garni de STX. D'ici à 2020, le chantier naval va au moins construire six navires, dont les deux plus gros paquebots du monde pour l'armateur américain RCCL. Cela devrait faire passer le chiffre d'affaires de STX France de 550 millions d'euros en 2014 à un milliard d'euros en 2017. L'activité émanant de l'éolien offshore devrait quant à elle représenter 20 % du chiffre d'affaires de l'entreprise en 2020.
Stéphane Vandangeon
STX France
(Saint-Nazaire) Dg : Laurent Castaing 2.500 salariés 550 millions d'euros de CA en 2014 02 40 61 04 18 www.stxfrance.com