Stéphane & Laurent Martinez : Entrepreneurs militants
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Stéphane & Laurent Martinez : Entrepreneurs militants

Au sein de leur entreprise ou à travers Mécène et Loire, les dirigeants de Marty Sports, fabricant des buts du Mondial 2010, veulent défendre une autre image de l'entreprise. Celle d'une société qui implique ses salariés et s'engage sur son territoire. Florent Godard

C'est l'effet Coupe du monde. Après avoir fourni tous les buts du Mondial, Stéphane et Laurent Martinez, les deux dirigeants de Marty Sports, à Saint-Clément-de-la-Place ont vu défiler les médias: BFM, RMC, TF1... CNN a même failli faire un sujet! Au-delà du joli coup de pub, les deux frères jumeaux retiennent surtout l'impact en termes de visibilité pour l'Anjou, mais aussi la cohésion apportée au sein et en dehors de l'entreprise. «Les salariés et les habitants du coin s'associent à Marty quand on parle des buts, c'est une part d'eux», analyse Stéphane Martinez, le président de la société. Une philosophie de l'entreprise au service de l'homme et du territoire, via un engagement collectif.




La mentalité du sportif

À bien des égards, le fabricant de buts de football, de panneaux de basket, de matériel pour le badminton et surtout l''athlétisme (cages, sautoirs, starting-block...) ressemble d'ailleurs à une équipe. Chez Marty, le chef d'équipe expédition est un ancien lanceur de disque ; à la soudure vous trouverez un sprinter de 200 et 400mètres présent aux JO de Barcelone en 1992. «Nous avons recruté l'un de nos commerciaux derrière les tribunes du stade du Lac de Maine, juste après sa participation à une course de haies avec Ladji Doucouré en 2005 », se souvient Laurent, amusé. «Il faut promouvoir l'intégration des sportifs, insiste Stéphane. Leur impact se ressent sur la conception de nos produits et dans le travail des commerciaux. Et un athlète qui conserve son état d'esprit conquérant est un atout pour tout type d'entreprise.» Une chance de reconversion dont ont bénéficié les deux dirigeants, eux-mêmes. Athlètes de haut niveau en catégories jeunes, ils ont même tutoyé les premières places nationales. Sélectionné en équipe de France junior, Laurent a en effet réalisé 10'40 sur 100m et 48'70 sur 400 en 1981. Il a même croisé Ben Johnson sur les tartans. Stéphane a, lui, fait partie des dix meilleurs décathloniens français en 1982. C'était juste avant leur entrée comme salariés dans l'entreprise familiale dont ils reprennent les rênes en 1986. Côté management, ils préfèrent «faire confiance aux gens, leur laisser une grande liberté, pour pouvoir s'impliquer, explique Laurent. On est dans le compromis, on ne supporte pas les conflits». Les deux hommes mettent en avant l'image de l'entreprise comme espace de développement personnel et d'ouverture. Laurent (dg), d'un tempérament plutôt réservé, à la production et avec les sous-traitants. Stéphane, pd-g, en charge de l'administration et de la partie commerciale, homme de réseau, élu à la CCI et vice-président de l'UIMM 49, qui se décrit comme parfois impulsif et toujours militant. «J'en ai ras le bol de l'image des excès des grosses entreprises. On peut être bien en entreprise», répète l'Angevin.




Défenseurs de l'image de l'entreprise

Cette vision de l'entreprise, ils essaient aussi de la changer à travers Mécène et Loire, la fondation dont Stéphane est président et qu'il a lancée pour soutenir les actions d'intérêt général porteuses d'image pour et sur l'Anjou. «Une entreprise n'est pas là que pour faire travailler les gens, explique-t-il souriant, satisfait des effets positifs de la fondation, qui a fait des émules.Après notre subvention de 30.000 €, le château d'Angers a indiqué avoir touché 35.000 € de plus pour les travaux de la passerelle, de la part d'entreprises nous ayant imité. Et certaines collectivités décident de financer des projets une fois notre soutien apporté.» Le modèle a même été cité en exemple par la CFCI, et inspiré le club Mécènes d'Aujourd'hui. «Avec son charisme, Stéphane conduit les entrepreneurs au consensus sans éviter qu'ils se disent les choses», ajoute Pierre Maire directeur de trois McDonald's dans l'agglomération d'Angers et membre de Mécène et Loire. Engagé localement, Stéphane Martinez pense, comme son frère, que l'entreprise doit s'investir pour son territoire. Rien de surprenant ainsi lorsqu'il collabore avec Bodet pour nstaller les panneaux de la finale du championnat de France de Basket. Des valeurs que Stéphane et Laurent Martinez s'apprêtent à transmettre à leurs enfants, Bérenger et Charly, qui intégreront prochainement le service commercial et le bureau d'étude.

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