Ancien dirigeant dans la logistique (Tradimar, TFE...), Patrick Grenet a la retraite active. Voilà dix ans qu'il est consultant en stratégie et management. Et qu'il s'investit au sein du cercle d'éducation physique de Lorient, le club de basket monté en National 2. «J'étais jusqu'ici un président peu impliqué», reconnaît-il. «Mais je me suis fixé un but. Le projet horizon 2016 doit créer un grand club». Son défi en bref : créer une vraie équipe professionnelle d'ici à 2016.
320.000 euros de budget
Fort de 290 licenciés, contre 155 il y a quatre ans, le Cep Lorient évolue avec ses équipes au sein des championnats locaux, départementaux, régionaux et nationaux. «Mon projet est de faire monter les féminines au niveau régional, les jeunes en national et de créer un centre de formation», indique Patrick Grenet. «Avec l'envie de maintenir, de parvenir au milieu du tableau voire de monter en National 1 pour l'équipe des garçons.» Un projet ambitieux qui nécessite des financements et des sponsors. Déjà, à la démonstration de ses projets et en s'appuyant sur des outils de marketing, tels que l'événementiel autour des matchs, Patrick Grenet a gagné 35 partenaires et 135.000 euros supplémentaires en un an. Ainsi le club démarre sa saison avec 75 partenaires et 210.000 euros. Ce qui constitue 70 % du budget du club, établi à 320.000 euros. «C'est encore loin des 3,5 millions d'euros nécessaires au budget d'une équipe de niveau ProA», indique le président. Une enveloppe qui permet également aux autres clubs de ce niveau de faire venir quelques très bons joueurs afin de dominer le tableau.
Motiver ses équipes, même quand on perd
En attendant, le club profite de son réseau d'entrepreneurs pour faire entendre des valeurs communes : le respect, l'engagement, la conquête. «Pour conquérir un marché, il faut se battre et aussi savoir perdre», rappelle Patrick Lescop, P-dg de Bezy Construction à Gestel. «Et quand on perd après un énorme travail d'équipe, il faut que le coach trouve les bons mots pour remotiver ses équipes. C'est le même modèle qui s'applique à une entreprise après un appel d'offres raté.» A ses côtés, également partenaire du Cep Lorient, l'entreprise Altho, propriétaire de la marque Bret's y trouve un intérêt convivial. «Je suis un footeux d'habitude», reconnaît Philippe Massiot, directeur commercial. «Mais ce que j'aime dans le basket, c'est le côté plus convivial. On se retrouve ici avant, pendant et après le match, de manière plus décontractée.» D'ailleurs, Patrick Grenet l'a bien remarqué, le public du basket est plus mixte, plus familial, que celui du football. Pour Patrick Lescop le parallèle entre le sport et l'entreprise se fait à tous les niveaux. Et si son entreprise veut conquérir certains publics, notamment en matière de recrues, elle se doit aussi de participer à la vie locale. «Dans le basket, l'essentiel est de marquer un point de plus que les autres», assure-t-il.
SPONSORING Lors de son business bar de rentrée, le Medef Morbihan a fait découvrir à ses membres les coulisses d'un club de basket aux projets ambitieux.