Spie : Une unité de méthanisation malgré les oppositions
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Spie : Une unité de méthanisation malgré les oppositions

ÉNERGIES RENOUVELABLES Malgré la pression des riverains, une unité de méthanisation de 526KW est actuellement en construction à Saint-Nicolas-du-Tertre.

Le projet a bien failli ne pas voir le jour. Mais Spie vient finalement de débuter la construction d'une nouvelle unité de méthanisation à Saint-Nicolas-du-Tertre. Le projet est porté par Vivien Texier, qui dirige avec son fils Jocelyn un élevage porcin à travers une société civile d'exploitation agricole dans cette commune près de Pontivy. Contacté, l'agriculteur refuse d'ailleurs de s'exprimer sur l'aspect financier de ce dossier. «Le conseil municipal nous a tellement barré la route», se plaint l'exploitant. «J'ai été victime de jalousies. Le commissaire enquêteur le dit lui-même ».




Du "jus" pour 1.100 foyers

Vivien Texier ne donnera donc aucun détail technique et financier. On sait néanmoins qu'il a monté une société Sensienergies, dans laquelle Direct énergie (groupe Louis Dreyfus), qui investirait trois millions d'euros dans ce projet, est majoritaire. Le matériel est fourni par l'industriel allemand Weltec Biopower. Le préfet de région Michel Cadot a donné son feu vert à cette installation - le palier pour être soumis à une autorisation est de 30 tonnes d'intrants par jour. Une fois opérationnelle, la mini-usine livrera 24 heures sur 24 au réseau d'électricité public une puissance électrique de 526KW, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 1.100 foyers. Près de trois fois la population de sa commune d'implantation. Le méthaniseur sera alimenté en lisier porcin, en résidus d'industries agroalimentaire ainsi qu'en déchets végétaux.




Un an de négociations

L'installation permettra à la fois de produire de l'électricité et de valoriser de la chaleur à partir des gaz produits par les déchets organiques. Une partie de cette chaleur sera utilisée pour l'élevage porcin, situé à 60 mètres de l'installation. Bouclant ainsi la boucle. La négociation aura duré un an avant que Spie n'emporte ce marché. «Nous avons apporté une solution globale qui jouait sur les trois tableaux du process, du prix et des délais», signale Jean-Marc Noël, directeur technique chez Spie Sud-Ouest, une des deux divisions du groupe Spie mobilisée sur ces travaux avec Spie Ouest Centre, basée à Nantes. Malgré quelques rivalités voire de la compétition sur certains marchés entre ces deux entités. Détenu par des fonds financiers américains, canadiens, français et à un peu plus de 10% par son personnel, Spie est une pieuvre du génie électrique et climatique avec 3,75milliards d'euros de chiffre d'affaires, 28.600 collaborateurs et une présence dans 31 pays. Le chantier de Saint-Nicolas-du-Tertre n'emploiera pour sa part pas plus d'une dizaine de personnes. La livraison est prévue en octobre2012.



N.M.

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