Le fonds de dotation est une entité juridique encore assez nouvelle, puisqu'elle a été créée par l'État en 2008. Plus souple qu'une fondation (et nécessitant moitié moins de fonds) et plus sécurisé qu'une association, le fonds de dotation a ainsi attiré l'attention de quatre évêques bretons. «Nous nous sommes demandés comment nous pouvions aider les jeunes à grandir et devenir adultes, explique Monseigneur Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo. Nous avons choisi le fonds de dotation, qui permet de recevoir des dons, des legs et des financements privés d'entreprises à travers des partenariats ou du mécénat».
Se rapprocher les entreprises
Il permet, en outre, de donner une orientation non-cultuelle à ses missions, puisque le fonds de dotation ne réunit pas de moyens à destination d'oeuvres religieuses. «Il consiste à rapprocher deux populations en Bretagne, poursuit l'archevêque: celle qui a de l'argent (les entreprises ou personnes privées) et celle qui a des projets éducatifs pour la jeunesse. Le "Spi Breizh", littéralement, doit donner du "souffle" à ceux qui en manquent dans notre chère "Bretagne"!»
500.000€ pour commencer
Le fonds de dotation doit pour cela réunir de l'argent et lance donc un appel aux entrepreneurs de la région. «Beaucoup se sont déjà fait connaître, comme l'entreprise Hénaff, qui a fait une promesse de don», affirme Monseigneur Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper et Léon. Pour commencer les quatre diocèses ont déjà abondé le fonds de 460.000€ pour commencer, sachant qu'il en faut minimum 500.000€ pour fonctionner. Les évêques sont donc partis aux quatre coins de leur Bretagne pour rencontrer dirigeants et chefs d'entreprises, sur le terrain. Leur message? «Aider un jeune à se structurer aidera le monde de l'entreprise, considère Monseigneur Le Vert. Car le principal problème que rencontrent les partons avec les jeunes qu'ils embauchent, c'est leur manque de structuration». «L'idée est neuve, mais il faut dire aux chefs d'entreprises qu'ils peuvent déduire leurs dons sur leur déclaration d'impôts et bénéficier d'avantages fiscaux, tout en aidant les jeunes», souligne Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes. Car c'est bien de cela qu'il s'agit: aider des petits ou des gros projets à se réaliser, pour donner du sens à la vie de la jeunesse bretonne.
Projets concrets
«Nous appelons à la rescousse d'autres formes de générosité pour se ranger auprès des jeunes qui souhaitent entreprendre», termine Monseigneur Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. Deux projets sont pour l'instant en chantier: un centre de musique sacrée à Sainte-Anne d'Auray et une action sportive et culturelle des Cadets de Bretagne. Mais des projets individuels peuvent aussi être soutenus. «Un financement peut aller de pair avec l'idée de prendre un jeune en stage en entreprise. Certains dirigeants ont aussi proposé de faire visiter leur entreprise. De quoi faire accéder les jeunes à ce monde-là».
Spi Breizh
Pdt: Mgr Pierre d'Ornellas 02 99 14 35 14