Installée dans les locaux du Hall technologique universitaire 1 appartenant à la communauté d’agglomération du Cotentin à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), la start-up Radeo compte passer à la vitesse supérieure en 2026, avec le lancement de nouveaux produits et un développement à l’international.
Un premier recrutement
Créée en 2023, cette entreprise est spécialisée dans la mesure nucléaire. "Nous sommes positionnés sur un marché de niche", expose son fondateur et dirigeant Florent Boulay, un ancien du monde de la recherche et de l’industrie nucléaire, qui vient de recruter son premier collaborateur. Radeo propose différentes prestations : ingénierie, réalisation de mesures sur le terrain, analyse des données, R & D pour développer de nouveaux instruments de mesures et logiciels. "Nous apportons de la prestation de services de valeur aux industriels", indique Florent Boulay. À commencer par Orano et ses filiales, ainsi que ses sous-traitants de rang 1.
Lien entre les labos et l’industrie
D’un côté, à cause d’un retour sur investissement incertain, les industriels rechignent à investir dans l’innovation, "l’émergence de produits nouveaux est limitée". De l’autre, il existe des prototypes développés par des laboratoires publics comme privés qui ne sont pas valorisés, "soit parce que les équipes sont en sous-effectif, soit par méconnaissance du terrain". Florent Boulay assure le lien entre les deux. Il utilise ces détecteurs innovants via des accords de licence avec les laboratoires.
Un exemple d’usage : un industriel utilise des boîtes à gants sécurisées pour manipuler du plutonium, très volatil. L’assainissement est complexe, car la matière est souvent invisible à l’œil nu. Radeo travaille à l’adaptation d’une caméra UV, non destinée au marché nucléaire, qui a permis d’observer le plutonium à distance.
Outre sa prestation de services, Radeo participe à améliorer la maturité technologique des appareils utilisés et pourra espérer valoriser ses apports en propriété intellectuelle en cas d’industrialisation.
Amener l’IA pour le travail d’ingénierie
Poussée par Normandie Incubation jusqu’en juin 2025, soutenue par Bpifrance et ses partenaires bancaires, Radeo se donne les moyens de décoller en 2026. D’abord, grâce à la mise en place de nouvelles technologies : un détecteur de neutrons portable et directionnel, ainsi qu’un outil d’IA pour accélérer le travail de bureau d’études. "Aujourd’hui, tout est manuel, avec peu de nouvelles méthodes. Elles sont souvent propres à chaque ingénieur", expose le dirigeant.
Des partenariats au Benelux et en Grande-Bretagne
En parallèle, le développement commercial se poursuit. L’internationalisation représente un objectif : des partenariats de sous-traitance sont en discussion avec des entreprises implantées au Benelux et en Grande-Bretagne. Ils devraient se concrétiser début 2026.
Si cette accélération se confirme, elle appellera le recrutement d’un ingénieur et d’un commercial.