Souriau : «Pas d'inquiétude pour 2012»
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Souriau : «Pas d'inquiétude pour 2012»

Aéronautique Finalisé le 28 juillet dernier, le rachat de Souriau par l'Américain Esterline (1,5Mds$ de CA) ouvre de nouvelles perspectives au spécialiste de la connectique. Malgré un contexte morose, Thierry Quillet, directeur de Souriau Sarthe Maroc, affiche son optimisme.

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nds d'investissement Sagard, actionnaire majoritaire depuis cinq ans, a cédé Souriau au fournisseur aéronautique Esterline. Quelles sont les incidences sur les sites de Champagné et La Ferté-Bernard?

Le processus de changement d'actionnaire s'inscrit dans un projet de développement d'entreprise per

mettant au groupe Esterline d'accroître son implantation mondiale et de développer de nouvelles compétences. Tout s'est déroulé en transparence avec les salariés et les partenaires sociaux qui, d'ailleurs, étaient rassurés de nous voir entrer dans un groupe industriel. L'ensemble des projets en développement se poursuit, sans interventionnisme du groupe. On reste une société de droit français. D'ailleurs, toute acquisition future d'Esterline dans le domaine de la connectique se fera au sein de l'entité Souriau. Nous y sommes attachés.




Quelles sont les perspectives de développement de Souriau Sarthe Maroc au sein du groupe Esterline?

Nous serons le coeur de l'activité connectique d'Esterline et cela nous donnera accès à de grands groupes technologiques américains dans l'aviation civile et militaire, dont des motoristes tels que Pratt & Whitney, General Electric ou encore Rolls Royce. Cet accroissement de parts de marché se traduira dans la durée par des investissements sur les capacités de production. Nous sommes donc avec Esterline dans une stratégie de développement sur du long terme, ce qui est primordial sur des marchés où l'on se projette sur plusieurs dizaines d'années. Souriau est de toute façon un groupe en bonne santé, qui a bien traversé la crise. Nous affichons 20% de croissance cette année et des niveaux d'activité 2011 supérieurs à l'avant crise.




Comment avez-vous justement vécu l'épisode 2008-2009?

Nous avons su être flexibles pour traverser la crise et faire face aux aléas de la production, ce qui nous a permis d'éviter le chômage technique sur les sites de Champagné et de La Ferté-Bernard. L'entreprise est ressortie renforcée de la crise en développant au cours de cette période de nouveaux produits qui nous ont permis de rebondir sur le marché. On reste donc serein, depuis cinq à dix ans on a gagné des parts de marché chez les grands avionneurs.




Justement, les aléas boursiers de cet été ne risquent-ils pas de plomber les investissements?

Nous sommes dans une logique de prudence sans tomber dans le catastrophisme. Il y aura effectivement des coupes budgétaires et des reports de projets des États sur les équipements militaires, les infrastructures et le nucléaire. Mais on reste dans un secteur avec de vrais potentiels de croissance, notamment sur l'aviation civile. Il y a là en effet des enjeux importants en terme de renouvellement des flottes. Les appareils neufs ont des coûts d'exploitation plus faibles, générant des économies sur de courts horizons. En cela, le succès commercial de l'A320 Neo (moyen-courrier consommant 15% de carburant en moins NDLR) est donc justifié par un retour sur investissement rapide.




Souriau est d'ailleurs bien placé sur les marchés des futurs longs courriers d'Airbus et de Boeing.

Effectivement. Quand on voit ces deux grands avionneurs signer des contrats au Bourget, cela nous permet de confirmer le portefeuille de commandes sur plusieurs années et d'avoir une vision plus optimiste. Aujourd'hui, nous travaillons sur l'A380 et sommes le premier fournisseur en connectique composite sur le futur A350. Nous sommes également fournisseur principal sur les harnais du futur Boeing 787 et en discussion avec la Chine sur le C917, «l'A320 chinois». Nous avons bien traversé la crise de 2008, il n'y a donc pas de raison d'être inquiet pour 2012.

Souriau



(Champagné et La Ferté Bernard) Directeur: Thierry Quillet CA 2010: 230M€ (France) 2.350 salariés dont 800 en Sarthe


02 43 54 35 00

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