Sophia Antipolis fête ses 40 ans en pleine tempête économique. L'avenir de «la plus visible des technopoles européennes», comme la définit son père fondateur, le sénateur honoraire Pierre Laffitte, est-il pour autant remis en jeu? «Sophia n'est pas durement impactée... elle est juste impactée» juge Frédéric Fourquin, président du Club des dirigeants de Sophia. «Nous avons déjà tenu le choc de l'éclatement de la bulle internet, qui était bien plus dangereux.» «Nous souffrons aujourd'hui surtout d'un développement trop anarchique» affirme le sophipolitain. Gestion des ressources humaines à l'échelle de la technopole, mise en place de transports en commun en site propre... Des problèmes d'organisation que la feuille de route ?Sophia Vision?, entérinée l'hiver dernier, semble en voie de résoudre, grâce à la relance du Symisa (Syndicat mixte de Sophia Antipolis). Pour autant, de nouveaux défis restent encore à relever: «Tout d'abord, il faut continuer à tisser des liens entre les différentes structures présentes» analyse Frédéric Fourquin. «Beaucoup ne se connaissent pas assez et ne travaillent pas ensemble.» Mais surtout, «Sophia Antipolis doit changer de business model» déclame Jacques-Olivier Piednoir, président de l'association Same.
Développement endogène
Selon lui, «il faut se tourner vers un développement endogène et ne plus compter sur l'implantation de grands groupes». «Un virage déjà négocié il y a déjà plusieurs années!» répond en écho Jean-Pierre Mascarelli, président délégué du Symisa. «Le dernier recensement montre sur 18 mois une croissance de 1.000 emplois dont seulement 400 sont le fruit d'entreprises extérieures.» Il n'empêche, de nombreux experts s'accordent pour pointer du doigt le manque de capital-risque, réel facteur de développement des jeunes pousses. «Voilà un élément structurel qui fait la force de la Silicon Valley, et qui fait cruellement défaut ici» déplore en effet Michel Ferrari, professeur au Ceram Business School. «Les pouvoirs publics ont depuis toujours oublié ce paramètre: c'est à eux d'agir maintenant.» «Nous ne sommes de toute façon pas menacés» tempère Jean-Pierre Mascarelli. «Nous avons ici une réactivité naturelle et tous les ingrédients pour réussir mieux que les autres.» Suffisant pour passer la ?crise de la quarantaine??
Pour résister à la crise, la technopole doit notamment renforcer les liens entre ses acteurs et attirer plus de capital-risque.