Soitec vient de publier un chiffre d'affaires en baisse de 28,3% sur l'exercice 2008-2009 par rapport à l'exercice précédent. Et la baisse est encore plus importante au 4e trimestre. Face à cette situation économique morose, le fabricant de plaques de silicium sur isolant installé à Bernin a décidé de réduire sa masse salariale d'environ 10%, soit une centaine de postes. Tous les profils sont concernés: environ un tiers d'ingénieurs et cadres, un tiers de techniciens et un tiers d'opérateurs. C'est une première pour Soitec qui était habitué à gérer une forte croissance depuis sa création (voir JDE de novembre2007). Pour la direction comme pour les syndicats, l'objectif est d'éviter les licenciements. Les négociations sont en cours. L'incitation aux départs volontaires (les salariés pourraient partir avec une enveloppe de 12 mois de salaires, avec un plafond pour les hauts salaires, et de 15.000 € supplémentaires pour créer une activité) est accompagnée par une cellule info-conseils. «On étudie les projets de création d'entreprise, précise Corinne Margot, la DRH. Il existe des possibilités d'essaimage avec l'externalisation de certaines activités qui sont aujourd'hui chez Soitec.»
Cinquante salariés mis à disposition au CEA
Surtout, le spécialiste du matériau SOI (silicium sur isolant) est la première entreprise à utiliser la convention de mise à disposition de salariés du pôle de compétitivité Minalogic. La convention prévoit la possibilité pour les organismes publics et les entreprises privées de transférer, pour une période de temps définie, un de leurs collaborateurs dans une autre entreprise ou un autre organisme public. Les salariés conservent ainsi les avantages de leur contrat de travail d'origine et retrouvent leur emploi à l'issue de la mise à disposition. «Une cinquantaine de salariés pourrait être transférée au CEA qui a mis des postes à disposition, détaille Pierre Pernot, délégué syndical FO. C'est une mesure plutôt positive pour l'emploi et pour l'entreprise dans la mesure où dans le semi-conducteur, quand l'activité va redémarrer, on aura sûrement besoin de gens tout de suite.» «Cette mesure montre la vivacité du bassin grenoblois, indique la DRH. Les acteurs du pôle proposent une solution pour maintenir les compétences en local. Et il ne s'agit pas forcément de métiers de R & D et d'ingénieurs. Il y a par exemple des besoins dans les métiers de maintenance.»
Pour renforcer la gestion des coûts, Soitec a parallèlement annoncé la nomination d'Olivier Brice comme directeur financier adjoint pour la gestion opérationnelle, une responsabilité qui s'ajoute à ses fonctions de prise en charge des relations avec les investisseurs et de la communication financière et de la trésorerie du groupe. Iain Murray, le directeur financier va ainsi plus se concentrer sur les partenariats stratégiques liés au développement financier à long terme de Soitec. La direction commerciale a également été renforcée, notamment en Asie.
Face à des résultats en baisse, Soitec va réduire son effectif d'environ 10%, en utilisant la convention de mise à disposition de salariés de Minalogic.