«L'innovation c'est aussi la remise en question de la posture même de dirigeant», observe Jean-René Dufief, président du CJD de Lorient, co-organisateur d'une soirée événementielle à la base des sous-marins, le 6mars dernier, avec les sections de Vannes et de Quimper. Invité de marque, Joël de Rosnay a livré sa théorie de l'innovation et proposé des outils pour une mise en pratique dans les entreprises morbihannaises. Cinq dirigeants sont venus témoigner de leur expérience.
Internet: un écosystème informationnel
«L'innovation n'est pas seulement technologique», indique Joël de Rosnay. «En 2030, il y aura mille milliards d'objets connectés pour cinq milliards d'humains. Les téléphones portables deviendront des souris, des scanneurs, des télécommandes...», avance-t-il. Internet sera partout autour de nous. «Il faut oublier que c'est un nouveau média, internet est surtout un nouvel écosystème d'information». Un outil sur lequel il faut s'appuyer justement pour innover. Car pour Joël de Rosnay, la plus grande des innovations est celle de la relation. «Il se développe aujourd'hui une intelligence collaborative. Il n'y a pas d'innovation sans échange, sans partage. Le cloisonnement est anti innovation», dit-il, appelant les entreprises à casser leurs barrières. «Les entreprises capables d'innover en prenant en compte l'aspect sociétal et environnemental sont celles qui réussissent», complète Alain Asquin, universitaire à Lyon, directeur d'un programme de Master Entrepreneuriat et Management des petites et moyennes organisations. Il cite en exemple les entreprises à l'écoute de leurs consommateurs, notamment sur internet. À l'instar de Jean-Marie Corteville et des innovations d'Azimut Communication basées sur la recherche collaborative de solutions, en lien avec les clients. «Après 30 ans de dérive pendant lesquelles les dirigeants gagnaient de l'argent sur des produits financiers et pas sur l'innovation, nous retournons à l'ère de l'industrie et de l'humain», continue Joël de Rosnay. «De nouveaux modes de managements font émerger une intelligence collective.L'idée est de faire confiance aux gens pour répondre aux problèmes là où ils se trouvent.» La théorie du docteur ès sciences, conseiller du président de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette, se résume ainsi: «à l'exercice solitaire de l'intelligence élective, il faut préférer la pratique solidaire de l'intelligence collective.»
Pour les membres du CJD, la réponse à la crise est d'adopter une stratégie offensive. À Lorient, 200 dirigeants se sont réunis début mars pour comprendre l'importance d'innover et d'anticiper. Et de s'engager dans la résistance.