Spécialisée dans la collecte des déchets hospitaliers et médicaux, Sodicome à Saint-Gilles (35) vient de se doter d'un nouvel équipement lui permettant de traiter et valoriser ces résidus. Grâce à l'entrée au capital du fonds d'investissement morbihannais Nestadio, à hauteur de 30%, 2,8millions d'euros ont pu être investis dans cette unité construite à l'intérieur d'un bâtiment de 1.500m² sur un terrain de 5.000m² en bordure de voie express, en direction de Saint-Brieuc.
Banalisation et valorisation
Depuis 1994, Sodicome se charge de collecter 1.000 tonnes par an de déchets médicaux dans le grand Ouest auprès de médecins, cabinets d'infirmières, cliniques privées ou hôpitaux. Restait à envoyer ces déchets pour incinération à Nantes. Aujourd'hui, grâce à ce nouvel outil industriel, Philippe Le Hannier, le président, va pouvoir banaliser les déchets et les valoriser. Et se mettre en concurrence directe avec des géants tels que Sita Suez, Veolia ou Séché Environnement. «Les déchets seront broyés, puis chauffés par micro-ondes afin de les rendre inertes. Ainsi nous pourrons les enfouir ou les valoriser», explique Samya Glangetas, directeur d'investissement chez Nestadio Capital. «Le but à terme étant de valoriser les déchets et de les vendre en temps que combustant pour chaudière ou cimenterie.» Un matériau entre le combustible et le carburant dont le pouvoir calorifique est six fois supérieur à celui des ordures ménagères classiques. «Nous sommes entrés dans un cluster éco-origine pour développer ainsi deux filières. L'une concerne la fabrication de pellets à chauffage à partir du broya sec et l'autre la revalorisation en matière plastique transformable à nouveau en emballage», commente Jérôme Lécuyer, directeur adjoint de Sodicome. Sur ces thèmes, les travaux de recherche et développement ne sont pas terminés.
Première unité de transformation en Bretagne
Il aura fallu deux ans à Philippe Le Hannier pour mettre au point ce projet qui sera le premier en Bretagne. Opérationnel depuis le 1eroctobre, l'outil a déjà permis à Sodicome de remporter l'appel d'offres du CHU de Rennes pour la collecte et le traitement de ses déchets, ce qui représente 700 tonnes par an. «Notre capacité industrielle pourra nous permettre de capter jusqu'à 3.000 tonnes de déchets par an dans l'Ille-et-Vilaine d'ici à deux ans», complète Jérôme Lécuyer. L'arrivée de Nestadio au capital de Sodicome offre ainsi un bol d'air à la PME, placée en plan de continuation depuis 2010 en raison d'une activité de collecte de néons, lampes et piles qui a eu du mal à démarrer. «L'idée est de pouvoir ensuite dupliquer cet outil sur d'autres territoires», poursuit Samya Glangetas. «Et de permettre un développement par croissance externe.Nous allons participer à la structuration de cette nouvelle filière.» D'ici à deux ou trois ans, Sodicome envisage d'atteindre plus de cinq millions d'euros de chiffre d'affaires. «Dans dix-huit mois nous pourrons enfin vendre les produits de la banalisation. Cela changera l'économie du projet», précise Samya Glangetas.
Sodicome
(Saint-Gilles) Président: Philippe Le Hannier Effectif: 24 personnes Chiffre d'affaires 2012: 2,3millions d'euros Tél.: 02 99 64 82 64.